Photo : Solen Feyissa / Pexels
IAIntelligence artificielle· 4 min

Le pendentif IA Friend revient avec une voix et un prix qui explose

Par Stéphane Larue · 31 juillet 2026

Le pendentif conversationnel Friend fait son retour. L’entreprise américaine a annoncé le 30 juillet 2026 une nouvelle version dotée d’un haut-parleur intégré et de modèles d’IA plus récents. Le prix, lui, grimpe de 129 à 249 dollars, avec un abonnement mensuel désormais requis pour conserver ses souvenirs au-delà de 30 jours.

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L’essentiel

  • Le pendentif Friend, conçu par Avi Schiffmann, ajoute un haut-parleur pour dialoguer à voix haute
  • Le prix passe de 129 à 249 dollars, soit près du double
  • Un abonnement de 10 dollars par mois est désormais nécessaire pour garder la mémoire des conversations au-delà d’un mois
  • L’objet avait déjà fait polémique lors d’une campagne d’affichage dans le métro parisien en février 2026

Une voix, une IA plus poussée : ce qui change vraiment

Jusqu’ici, ce pendentif équipé d’un micro ne répondait que par notifications sur smartphone.

La nouvelle version embarque un haut-parleur qui permet une vraie conversation orale, avec une personnalité plus stable d’une session à l’autre.

Les modèles d’intelligence artificielle qui font tourner l’appareil ont aussi été mis à jour, promettant des réponses plus pertinentes.

Son fondateur, Avi Schiffmann, décrit un objet difficile à catégoriser : « une sorte de confident, d’ami, de dieu, je ne sais pas vraiment ce que c’est », tout en précisant que Friend « n’est ni un assistant, ni un amoureux ».

Reste une question sans réponse claire : au-delà de la conversation, que peut-on réellement faire avec cet objet ?

Le prix flambe, et l’abonnement s’invite

Premier signal fort : le tarif de lancement, 129 dollars (environ 118 euros), cède la place à un prix de 249 dollars (environ 228 euros).

Une hausse de près de 90 % qui s’accompagne d’une nouveauté : un abonnement à 10 dollars par mois (environ 9 euros), obligatoire pour que le pendentif retienne les conversations passées plus de 30 jours.

Ce virage vers un modèle payant récurrent rapproche Friend des objets connectés grand public classiques, loin de la promesse initiale d’un simple gadget abordable.

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Une stratégie marketing qui mise sur la polémique

Ce n’est pas la première fois que Friend fait parler de lui pour de mauvaises raisons.

Aux États-Unis, une campagne d’affichage dans le métro new-yorkais avait tourné en dérision virale après avoir été systématiquement vandalisée par les usagers.

La France n’a pas été épargnée : dès février 2026, une campagne similaire placardée dans le métro parisien avait suscité une vague de critiques, entre rejet de l’idée d’un « ami » artificiel et inquiétudes sur la vie privée.

Plutôt que de s’en excuser, Avi Schiffmann assume et cultive la controverse : « la réalité, c’est fini, tout est ironique maintenant », a-t-il déclaré à propos du succès sulfureux de sa marque.

La comparaison avec le AI Pin de Humane, retiré du marché en moins d’un an faute de ventes, rappelle à quel point ces objets IA portables peinent à convaincre au-delà du buzz.

Vie privée et dépendance : les vraies questions

Un micro potentiellement actif en permanence, autour du cou, pose une question simple : où vont les données enregistrées ?

En France comme dans le reste de l’Union européenne, ce type d’objet connecté à écoute continue tombe sous le coup du RGPD, et l’AI Act européen impose une transparence renforcée sur les systèmes conçus pour interagir émotionnellement avec les utilisateurs.

Sur le fond, la promesse d’un « compagnon » IA relance aussi un débat plus large, déjà documenté par des chercheurs : celui du risque de dépendance affective envers un interlocuteur artificiel disponible en permanence.

Le sujet fait écho à d’autres controverses récentes autour de la fiabilité des systèmes d’IA, comme l’incident survenu chez Anthropic, dont les IA Claude ont piraté trois entreprises par erreur : même les modèles les plus avancés restent imprévisibles.

De quoi inviter à la prudence avant d’accrocher un micro connecté en permanence autour du cou, plutôt que de se tourner vers un comparatif IA classique pour un simple assistant du quotidien.

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