Fitbit Air : la fin d’une marque, l’arrivée du coach IA

Stéphane Larue
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Photo : ahmed akeri / Pexels

Le 19 mai 2026 marque la fin d’une époque. Google retire la marque Fitbit, rebaptise l’application en Google Health et lance simultanément le Fitbit Air, un bracelet sans écran à 99 dollars taillé pour vivre 24 heures sur 24 au poignet. Derrière, un coach santé propulsé par Gemini analyse les données et délivre des conseils personnalisés.

L’annonce circulait depuis début mai, le déploiement est désormais effectif. Selon TechCrunch, le nouvel écosystème santé de Google démarre ce mardi à l’échelle mondiale, France comprise. La firme de Mountain View abandonne la marque rachetée en 2021 pour 2,1 milliards de dollars et regroupe tout sous une bannière unique : Google Health. Une stratégie cohérente avec le récent lancement du coach IA Gemini dévoilé il y a une dizaine de jours.

Concrètement, l’application Fitbit que des dizaines de millions d’utilisateurs avaient sur leur smartphone change d’icône et de nom. Les données restent, l’historique aussi, mais l’interface fait désormais la part belle au coach IA. D’après The Verge, ce dernier sort de sa phase d’aperçu public pour devenir une fonction centrale du nouvel écosystème.

Le bracelet Fitbit Air, lui, est commercialisé en France dès aujourd’hui au prix de 99 dollars, soit environ une centaine d’euros selon les revendeurs. Une édition spéciale à 129 dollars suit le 26 mai. Particularité notable : aucun écran. Le boîtier mise tout sur le suivi continu et les notifications envoyées au téléphone.

Que change Google Health Premium au quotidien ?

Le coach IA s’appuie sur Gemini pour digérer trois sources : les capteurs d’un bracelet ou d’une montre connectée, les saisies manuelles de l’utilisateur (alimentation, sommeil, humeur) et, à terme, des dossiers médicaux importés. Il rend des analyses écrites, des plans d’entraînement et des recommandations de récupération adaptées à la journée.

Le service comprend la détection de fibrillation auriculaire (AFib), le suivi du rythme cardiaque 24/7 et la mesure de la variabilité cardiaque. Google revendique une intégration progressive de nouveaux capteurs, dont les Pixel Watch et plusieurs montres tierces sous Wear OS. L’objectif affiché : transformer le tracker en partenaire conversationnel plutôt qu’en simple journal de bord, dans la lignée de l’IA agentique poussée sur Android.

Côté usages, l’application répond à des questions précises. Pourquoi ai-je mal dormi cette nuit ? Quel entraînement faire après une semaine chargée ? Comment ajuster mes apports pour atteindre un objectif ? Les réponses arrivent en langage naturel, contextualisées par les données du porteur. Une promesse classique des assistants IA, ici recentrée sur la santé personnelle.

Le Fitbit Air affiche pour sa part sept jours d’autonomie et se recharge intégralement en quatre-vingt-dix minutes. Cinq minutes suffisent à tenir une journée. Le bracelet est compatible Android et iOS, ce qui le distingue de l’Apple Watch verrouillée sur l’iPhone. Un point qui prend du relief alors qu’iOS 27 ouvrira le choix de l’assistant IA dès la rentrée prochaine.

Combien ça coûte et faut-il forcément un Fitbit Air ?

L’abonnement Google Health Premium est facturé 9,99 dollars par mois ou 99 dollars par an, à parité avec le tarif pratiqué jusqu’ici pour Fitbit Premium. Chaque Fitbit Air donne droit à trois mois d’essai gratuit, ce qui ramène le coût d’entrée du combo bracelet plus coaching à un peu moins de cent euros la première année.

Bonne nouvelle pour les possesseurs d’anciens modèles : la bascule vers Google Health se fait automatiquement. Les Fitbit Versa, Charge ou Inspire restent compatibles avec le coach IA, à condition de souscrire l’abonnement. Pas besoin de racheter un bracelet pour profiter de Gemini. Les utilisateurs d’autres marques peuvent même rejoindre l’écosystème via la simple application mobile.

Le pari est risqué. En France, les assistants santé propulsés par IA restent encadrés par la CNIL et le règlement européen sur l’intelligence artificielle. Les données médicales sont classées sensibles : leur traitement nécessite un consentement explicite et un hébergement conforme. Google précise que le coach ne pose pas de diagnostic et oriente vers un médecin en cas d’alerte, une précaution juridique indispensable.

Reste à voir si le public adoptera l’idée de discuter sommeil et tension avec une IA. Whoop, le rival américain cité par The Next Web, riposte le même jour en ajoutant des consultations avec des cliniciens licenciés. L’année 2026 s’annonce décisive pour le marché de la santé connectée, désormais structuré autour de deux modèles opposés : l’IA généraliste contre l’humain spécialisé. Un duel qui s’inscrit dans la vaste recomposition des usages mobiles, alors que le patron de Qualcomm prédit la fin du smartphone à l’horizon 2028.

À retenir

  • Fitbit disparaît, l’app devient Google Health partout dans le monde.
  • Le Fitbit Air sans écran arrive à 99 dollars avec sept jours d’autonomie.
  • Le coach IA Gemini coûte 9,99 dollars par mois, trois mois offerts.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.