Deux tiers des Français ont désormais adopté l’intelligence artificielle dans leur vie quotidienne. C’est ce que révèle une étude Ifop réalisée pour Converteo en mars 2026 : 64 % des Français utilisent des outils d’IA générative, contre 44 % un an plus tôt.
Une adoption qui s’est emballée en douze mois
En un an, 20 points de progression : jamais une technologie n’avait pénétré aussi vite le quotidien des Français. L’étude, conduite du 11 au 13 mars 2026 auprès de 1 051 personnes représentatives de la population âgée de 15 ans et plus, documente une rupture nette avec 2025.
41 % des Français déclarent utiliser l’IA au moins une fois par semaine — soit six points de plus qu’en janvier 2026 seulement. La régularité progresse donc plus vite encore que l’adoption globale, signe que l’IA s’installe comme réflexe et non plus comme curiosité.
Les moins de 35 ans tirent largement l’adoption : 66 % d’entre eux utilisent des outils d’IA générative. Les CSP+ suivent avec 54 %. Cette fracture générationnelle rappelle celle qui avait marqué l’essor d’internet dans les années 2000, avant que l’usage ne se démocratise à l’ensemble de la population. Pour suivre cette évolution, GPT-5.5 Instant vient d’ailleurs de devenir le modèle par défaut de ChatGPT, signe que les éditeurs poussent eux aussi à une adoption plus large.
Déléguer à l’IA : oui, mais pas sans garde-fou
L’étude mesure également la confiance accordée à l’IA pour agir à la place de l’utilisateur. Parmi les personnes qui utilisent l’IA régulièrement, 79 % se disent prêtes à déléguer des démarches à un agent IA. Dans la population générale, ce chiffre tombe à 53 % — une différence qui révèle un effet d’apprentissage : ceux qui ont l’habitude font davantage confiance.
Mais la confiance a ses limites. 43 % des utilisateurs souhaitent conserver la possibilité de valider l’action finale avant qu’elle soit exécutée. Seuls 10 % accepteraient une délégation totale, sans aucun contrôle humain. L’IA agentic — celle qui agit de façon autonome — suscite donc encore une prudence marquée, y compris chez ses utilisateurs les plus assidus.
Les nouvelles mesures de sécurité déployées par OpenAI sur ChatGPT vont d’ailleurs dans ce sens : sécuriser les actions des agents pour que les utilisateurs puissent leur faire confiance.
Les démarches administratives, priorité numéro un
Quand on demande aux Français dans quel domaine ils attendent le plus de leur assistant IA, les démarches administratives arrivent en tête avec 69 % des réponses. Loin devant le service après-vente (14 %), les courses en ligne (9 %) ou les loisirs (8 %).
Ce résultat est cohérent avec la frustration historique des Français face aux formulaires, aux délais et aux procédures. L’IA est perçue comme un outil de simplification avant d’être un outil de création ou de divertissement.
En revanche, face à un problème avec une marque, plus d’un Français sur deux préfère encore parler à un humain — même si cela implique d’attendre. Cette résistance est significative pour les entreprises qui envisagent de remplacer leurs conseillers par des agents IA.
À retenir
- 64 % des Français utilisent l’IA générative en mars 2026, +20 points en un an
- 79 % des utilisateurs réguliers sont prêts à déléguer des tâches à un agent IA, mais 43 % veulent valider l’action finale
- Les démarches administratives sont le cas d’usage le plus attendu, loin devant les achats et les loisirs
Source : étude Ifop x Converteo, menée du 11 au 13 mars 2026 auprès de 1 051 Français de 15 ans et plus.
