L’intersyndicale de L’Équipe appelle les salariés à cesser le travail ce vendredi 8 mai 2026 pour protester contre la stratégie de la direction. Réunis en assemblée générale le 4 mai, les journalistes dénoncent une dégradation brutale de leurs conditions de travail et l’usage non encadré de l’intelligence artificielle.
Le bras de fer est désormais engagé au sein du fleuron de la presse sportive française. Dans un communiqué interne diffusé ce mardi 5 mai, les organisations syndicales SNJ, SNJ-CGT et Ufict-BP-CGT fustigent une gestion uniquement dictée par les coupes budgétaires. Cette mobilisation intervient après des mouvements similaires au Parisien ou chez Challenges, témoignant d’une crise profonde du secteur.
La rédaction refuse de cautionner un projet éditorial jugé flou.
L’intelligence artificielle au cœur de la discorde
Un grief majeur cristallise la colère des journalistes : le déploiement forcé d’outils d’IA générative. Les représentants du personnel ont découvert, lors d’un comité social et économique (CSE) le 22 avril dernier, un projet de bâtonnage automatique des dépêches d’agence. Ce procédé, qui consiste à reformuler des contenus sans intervention humaine directe, est perçu comme une menace directe pour la qualité de l’information et la déontologie du titre.
Les syndicats exigent la suspension immédiate de ces innovations techniques tant qu’un cadre éthique n’est pas négocié avec la Société des journalistes (SDJ).
Cette opacité managériale a fini par user les équipes déjà éprouvées par des années de restructurations internes.
Un vote de défiance pour sceller le divorce
Le conflit dépasse la simple revendication salariale pour toucher à la gouvernance même du groupe. Du 7 au 14 mai, les salariés de L’Équipe SAS et de Presse Sports seront invités à s’exprimer lors d’un vote électronique. L’objectif est clair : valider une motion de défiance contre la direction déléguée des rédactions. Ce scrutin mesurera la confiance des équipes dans la capacité de leurs dirigeants à préserver l’emploi et la ligne éditoriale.
Chaque poste vacant doit être remplacé sans délai, martèlent les grévistes dans leurs tracts.
En plus de la question technologique, les salariés demandent la réouverture immédiate des négociations sur les salaires. Ils pointent une déconnexion entre les efforts demandés quotidiennement et l’absence de reconnaissance financière. L’appel à la grève du 8 mai pourrait être reconduit selon le résultat des premières discussions avec la direction du groupe.
