Sébastien Lecornu se rend ce jeudi 30 avril à l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), quinze jours après une fuite de données qui a touché 12 millions de comptes. Le Premier ministre doit y annoncer un nouveau plan d’urgence pour la cybersécurité de l’État, à l’issue d’une réunion interministérielle.
L’agence, qui gère les demandes de cartes d’identité, de permis de conduire ou de cartes grises, a été frappée le 15 avril par une faille de très grande ampleur. Selon le ministère de l’Intérieur, les données personnelles de 12 millions de particuliers et de professionnels ont été exposées : noms, prénoms, adresses électroniques et dates de naissance.
Avant ses annonces, le chef du gouvernement échange avec les équipes de direction de l’ANTS et la cellule de gestion de crise, puis avec l’ANSSI, l’autorité nationale en matière de cybersécurité. Une réunion interministérielle suit, autour de quatre membres clés de l’exécutif. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, le ministre des Comptes publics David Amiel et la ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff y prennent part, selon Matignon.
Une « menace profonde » qui vise l’État
Le ton est ferme à Matignon. « Dans un contexte de cybermenace intense, l’État est particulièrement ciblé bien au-delà du ministère de l’Intérieur », indique un communiqué publié dans la matinée. Les services du Premier ministre y voient « une menace plus profonde et moins visible qui cible les fondements de l’État et vise à fragiliser son action ».
Cette visite n’arrive pas seule. Le 9 avril, Sébastien Lecornu avait déjà adressé une feuille de route à tous les ministères, imposant des mesures d’urgence en matière de sécurité numérique à mener dans les semaines suivantes. Les annonces de ce jeudi prolongent cette première salve, avec un volet plus opérationnel après le choc de l’ANTS.
Les pistes attendues touchent plusieurs leviers : renforcement des outils de détection, formation des agents publics, audit des systèmes critiques. Pour les usagers concernés par la fuite, la consigne reste la même : changer ses mots de passe et redoubler de vigilance face aux tentatives d’hameçonnage par courriel.
Le calendrier reste serré. Les annonces interviennent à la veille du 1er mai, dans un climat social déjà tendu, et alors que d’autres administrations ont récemment été visées par des cyberattaques. Le gouvernement entend, selon ses propres mots, montrer qu’il se donne les moyens d’agir. Les détails du plan, eux, sont attendus en fin de journée.
À retenir
- Lecornu se rend à l’ANTS ce 30 avril après la fuite du 15 avril
- 12 millions de comptes touchés selon le ministère de l’Intérieur
- Plan cyber détaillé après réunion interministérielle
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