À 19 ans, Paul Seixas est devenu en quelques semaines le visage du renouveau cycliste français. Le coureur lyonnais de Decathlon CMA CGM Team enchaîne les exploits depuis le début de saison et affronte ce dimanche 26 avril Tadej Pogačar et Remco Evenepoel sur la mythique Liège-Bastogne-Liège.
Le grand public l’a découvert le 11 avril dernier en remportant le Tour du Pays basque. Trois étapes, le classement général, le maillot du meilleur grimpeur, celui des points, celui du meilleur jeune : un quadruplé qu’aucun coureur français n’avait réussi sur une course par étapes World Tour depuis le Critérium du Dauphiné 2007 de Christophe Moreau. Onze jours plus tard, le 22 avril, il s’imposait sur la Flèche Wallonne pour sa toute première participation, devenant à 19 ans et 210 jours le plus jeune vainqueur de l’histoire de la course au Mur de Huy. Aujourd’hui, il vise une Doyenne dont il est l’un des outsiders les plus crédibles.
Naissance et origines
Paul Seixas est né le 24 septembre 2006 à Lyon, dans une famille marquée par le sport. Ses parents, Emmanuel et Emmanuelle Seixas, ont tous les deux pratiqué le karaté à haut niveau, son père ayant été finaliste des championnats de France. Le patronyme renvoie à un arrière-grand-père portugais venu travailler en France ; sa mère, née à Alençon et élevée en Ille-et-Vilaine, lui a transmis une moitié bretonne. En 2019, la famille quitte Lyon pour Anse, petite commune située à 25 kilomètres au nord, choisie pour la proximité immédiate des collines du Beaujolais et de leurs routes propices à l’entraînement.
Formation et débuts
Adolescent, Paul Seixas s’illustre d’abord en cyclo-cross avant de passer à la route. Il est sacré champion de France cadet sur route en 2021 puis en cyclo-cross en 2022. La saison junior 2024 lui ouvre toutes les portes : il s’adjuge Liège-Bastogne-Liège juniors, les titres nationaux français du chrono et du cyclo-cross, et décroche surtout l’or au contre-la-montre des championnats du monde juniors. L’année suivante, en catégorie espoirs, il remporte le Tour de l’Avenir, équivalent junior du Tour de France et passage quasi obligé pour les futurs grands. La signature en équipe World Tour ne tarde pas : Decathlon CMA CGM Team le fait passer professionnel à seulement 18 ans.
Carrière professionnelle
Sa première saison chez les pros, en 2025, se solde déjà par plusieurs places d’honneur sur les classiques ardennaises et un rôle de précieux équipier. Mais c’est en 2026 que Paul Seixas explose au plus haut niveau. Il glane d’abord une étape sur la Volta ao Algarve, puis enchaîne avec ce Tour du Pays basque historique. Sur la Flèche Wallonne, il attaque Pogačar dans le Mur de Huy et le devance sur la ligne, signant la première victoire française dans cette classique depuis Laurent Jalabert en 1997. Le tout cumule sept succès professionnels avant ses vingt ans, dont deux courses World Tour. Les comparaisons avec Bernard Hinault, dernier Français vainqueur du Tour de France en 1985, fleurissent dans la presse spécialisée — un poids dont l’intéressé se défend de vouloir trop tôt.
Vie personnelle
Discret sur sa vie privée, Paul Seixas a installé sa base d’entraînement sur la Côte d’Azur, à Nice, pour bénéficier d’un climat plus clément l’hiver et de cols proches. Selon ses interviews accordées à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, il continue de revenir régulièrement à Anse, où ses parents et son entourage proche restent installés. Il se décrit volontiers comme un coureur calme, peu attiré par l’exposition médiatique, et accorde une importance particulière à ses études — il a poursuivi une formation à distance parallèlement à son passage chez les professionnels.
Pourquoi il fait l’actu aujourd’hui
Ce dimanche 26 avril 2026, Paul Seixas s’aligne au départ de Liège-Bastogne-Liège, la plus ancienne des classiques cyclistes. Il y retrouve Tadej Pogačar, double vainqueur sortant et favori naturel, ainsi que Remco Evenepoel, lauréat de l’édition 2022. Après sa démonstration de la Flèche Wallonne quatre jours plus tôt, le Lyonnais arrive en Wallonie avec un statut nouveau : celui d’un véritable rival pour le Slovène, qui a lui-même reconnu cette semaine dans Cyclingnews qu’il faudrait surveiller de près le Français. Au-delà du résultat de la Doyenne, c’est la question du Tour de France 2026 qui se pose désormais : son équipier Oliver Naesen et plusieurs observateurs estiment que Seixas est mûr pour disputer la Grande Boucle dès cet été. Sa direction sportive, elle, garde la prudence d’un encadrement qui sait quel trésor il a entre les mains.
