Rocket, startup indienne basée à Bombay, lance une IA qui promet des rapports de stratégie dignes d’un cabinet McKinsey, à une fraction du prix. Selon TechCrunch, l’outil cible directement les marchés du conseil en stratégie, de la recherche produit et de l’intelligence compétitive — trois secteurs qui pèsent des milliards à l’échelle mondiale.
Cofondée par Vishal Virani, l’entreprise a dévoilé sa plateforme Rocket 1.0 le 6 avril, selon l’article publié par Jagmeet Singh sur TechCrunch. L’outil combine recherche, construction produit et veille concurrentielle dans un seul flux de travail.
Concrètement, il génère en quelques minutes ce qu’un junior en cabinet met plusieurs jours à rédiger.
Des rapports structurés comme en cabinet
Les livrables promis par Rocket ressemblent à ceux d’un consultant classique : stratégies de pricing, analyses d’unit economics, recommandations de mise sur le marché, études de positionnement. La différence, c’est le délai et le tarif.
Selon TechCrunch, le positionnement tarifaire se situe « à une fraction du coût » des cabinets traditionnels, sans que le montant exact soit communiqué.
L’argument n’est pas neuf. Depuis deux ans, de nombreuses startups d’IA promettent de siphonner des activités jusque-là réservées aux cabinets de conseil. Ce qui change ici, c’est la verticalité : Rocket ne vise pas le code ou le marketing, mais bien la strat pure.
Pourquoi l’Inde devient un hub d’IA business
Ce n’est pas un hasard si Rocket émerge à Bombay. L’Inde concentre déjà une partie des effectifs mondiaux des grands cabinets — McKinsey, BCG et Bain y ont toutes des centres de recherche. Les fondateurs connaissent donc la méthode de l’intérieur.
L’objectif affiché par Vishal Virani, d’après TechCrunch, est de permettre à n’importe quelle PME d’accéder à des analyses stratégiques jusqu’ici réservées aux grands groupes.
Une promesse séduisante pour les entreprises françaises aussi, où faire appel à un cabinet comme BCG coûte plusieurs centaines de milliers d’euros pour une mission standard.
Les cabinets de conseil doivent-ils s’inquiéter ?
Pas encore, mais le signal est clair. Les grands cabinets intègrent déjà massivement l’IA générative dans leurs propres process — McKinsey a déployé son outil Lilli auprès de ses consultants il y a dix-huit mois.
La vraie menace pour eux ne vient pas de Rocket seul, mais de la multiplication d’offres similaires.
Si le marché du conseil accepte demain qu’une IA produise un rapport de 80 pages en une nuit pour 300 euros, toute la pyramide économique du conseil en stratégie, basée sur des juniors facturés à 2 000 euros la journée, s’effondre. L’article de TechCrunch ne tranche pas — mais il pose clairement la question.



