Donald Trump a fixé à mardi soir le délai accordé à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Passé cette heure — soit 2h du matin à Paris —, il a promis de bombarder les ponts et les centrales électriques du pays. Téhéran a rejeté l’ultimatum.
Depuis dimanche, le président américain multiplie les déclarations. Au Wall Street Journal, sur Truth Social et dans plusieurs interviews télévisées, le message est identique : faute d’accord, l’Iran sera « renvoyé à l’âge de pierre ». Trump a également écrit sur son réseau, dans un registre ordurier inhabituel même pour lui, qu’il fallait « ouvrir ce foutu détroit » sous peine de « vivre en enfer ».
Ce nouvel ultimatum — le quatrième depuis le 21 mars — expire donc dans la nuit de mardi à mercredi.
Un calendrier sans cesse repoussé
Depuis le début du conflit, Trump a étiré ses propres délais comme un accordéon. Quarante-huit heures d’abord, puis cinq jours, puis dix. Samedi, il menaçait encore de « déchaîner les enfers » dès lundi soir. Dimanche, il a repoussé d’un jour supplémentaire, fixant l’échéance à mardi 20h, heure de Washington.
Sa revendication centrale reste la même : la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis le début des hostilités et par lequel transit normalement un cinquième du pétrole mondial. La fermeture fait flamber les cours depuis des semaines.
Tout en agitant la menace, Trump a aussi évoqué dimanche « de bonnes chances » d’aboutir à un accord, sans exclure pour autant un envoi de troupes au sol.
L’Iran refuse et contre-propose
Téhéran n’a pas cédé. Un conseiller du guide suprême a balayé les déclarations américaines comme de simples « erreurs », affirmant que l’Iran ne négocierait pas sous la contrainte.
Le général Ali Abdollahi, chef du commandement central iranien, a répondu à Trump sur le même ton : « Les portes de l’enfer vont s’ouvrir pour vous. »
En coulisses, Téhéran laisse filtrer une contre-proposition : une trêve de 45 jours via des médiateurs pakistanais, égyptiens et turcs. Mais l’Iran pose comme préalable l’arrêt total des bombardements et le versement d’indemnisations — deux conditions que Washington n’a pas acceptées.
Les frappes continuent sans attendre
L’ultimatum n’a pas suspendu les opérations militaires. Un aéroport du sud-ouest de l’Iran a été visé dimanche par des frappes américano-israéliennes. Lundi, c’est le site pétrochimique de South Pars, le plus grand du pays, qui a été touché, ainsi qu’un second complexe à Marvdasht.
La Russie a demandé aux États-Unis d’abandonner « le langage des ultimatums ». La Chine a appelé à la désescalade. L’ONU s’alarme d’un conflit « hors de contrôle ».
Sur le plan économique, les compagnies aériennes anticipent déjà une hausse des prix des billets cet été liée à la flambée du kérosène. L’OPEP+ a de son côté annoncé une hausse de production de 206 000 barils par jour à partir de mai pour tenter de stabiliser les marchés.
Trois issues possibles cette nuit
La nuit de mardi à mercredi sera décisive. Soit les médiateurs pakistanais ou turcs arrachent un accord de dernière minute — Trump lui-même n’a pas fermé cette porte dimanche. Soit Trump repousse une nouvelle fois son ultimatum, comme il l’a fait à trois reprises. Soit les frappes sur les infrastructures iraniennes débutent, avec des conséquences encore difficiles à mesurer pour la région et les marchés mondiaux.
Pour suivre l’évolution de la crise, notre article sur le refus iranien face à Trump détaille les positions des deux camps depuis le début du conflit.





