Stéphane Larue
Livres / BD

Marie Curvale signe Teufelsberg, roman sur Berlin 1945

Marie Curvale signe Teufelsberg, roman sur Berlin 1945
Couverture de Teufelsberg, Marie Curvale, Éditions du Panthéon

Avec Teufelsberg — La colline du diable, Marie Curvale signe un premier roman bouleversant sur Rosa Engelmann, Trümmerfrau de Berlin-Est, dont la vie bascule à l’arrivée d’un soldat américain dans les ruines du Reich. Un récit historique et intime publié aux Éditions du Panthéon.

Berlin, 1945. La ville n’est plus qu’un champ de cendres et de gravats. Dans ce décor apocalyptique, des milliers de femmes — les Trümmerfrauen, les femmes des décombres — déblaient à mains nues les ruines du Troisième Reich sous le contrôle des vainqueurs soviétiques. C’est parmi elles que Marie Curvale plante son héroïne.

Rosa, une femme debout dans les ruines

Rosa Engelmann a grandi dans l’ombre du nazisme. Elle n’a pas choisi cette époque — personne ne choisit l’Histoire dans laquelle il naît. Pourtant, c’est elle qui doit la porter, brique après brique, au sens propre comme au figuré.

Le roman suit sa trajectoire depuis l’enfance marquée jusqu’à ce moment de bascule : la rencontre avec Douglas, soldat américain entré dans sa vie comme un rayon de lumière dans une cave. L’espoir renaît entre eux. Fragile, interdit, bientôt rattrapé par les fractures de l’Histoire.

Marie Curvale raconte sans concession la vie des femmes prises en étau entre une défaite nationale et une reconstruction imposée. Elle restitue leur dignité, leur résistance silencieuse, leur capacité à tenir debout quand tout s’est effondré.

Teufelsberg, la colline qui ensevelit et révèle

Le titre n’est pas anodin. Teufelsberg — la colline du diable — est cette colline artificielle construite après-guerre à l’ouest de Berlin, bâtie avec les décombres de la ville détruite. Sous ses couches de gravats et de terre reposent les ruines d’une université militaire nazie jamais achevée. C’est une métaphore à ciel ouvert : Berlin a littéralement construit son avenir sur les cendres de son passé.

Ce choix de titre dit tout de l’ambition de Marie Curvale : faire de la mémoire encombrante un socle, et non une honte à enfouir.

Un roman historique ancré dans le réel

Les 240 pages de Teufelsberg sont publiées aux Éditions du Panthéon en mars 2026, dans la collection Roman. L’ouvrage est disponible en version brochée (22,50 €) et en ebook (12,99 €).

Ce roman s’inscrit dans un courant littéraire vigoureux qui réexamine la Seconde Guerre mondiale à travers le prisme des femmes invisibilisées par l’Histoire officielle. Aurélien Gautherie avait ouvert la voie cette année avec son premier roman couronné par le Prix Gibert 2026.

Pour les amateurs de romans historiques et de destins de femmes hors du commun, Teufelsberg est une lecture puissante, qui rappelle que les grandes histoires commencent toujours par une seule voix. Une voix comme celle de Rosa Engelmann, femme des décombres, femme debout. Parmi les parutions récentes à ne pas manquer figure aussi Forest of Hearts chez Laffont, autre roman qui bouscule les frontières du genre.

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