Stéphane Larue
Immobilier / Logement

Taux immobiliers : pourquoi les crédits repartent à la hausse

Taux immobiliers : pourquoi les crédits repartent à la hausse
Photo / Pexels

Les taux de crédit immobilier repartent à la hausse en mars, atteignant 3,41 % en moyenne sur 25 ans selon les dernières données des courtiers. Une remontée portée par la tension sur les marchés obligataires, qui complique les projets des emprunteurs après plusieurs mois de détente. Le point sur la situation et les marges de manœuvre qui restent.

Ceux qui attendaient une nouvelle baisse des taux pour finaliser leur projet immobilier devront revoir leur calendrier. Après une accalmie en fin d’année dernière, le mouvement s’est inversé. Sur 15 ans, les taux moyens se situent autour de 3,13 %, et sur 20 ans, autour de 3,26 %. C’est sur les durées longues — 25 ans — que la hausse est la plus marquée, à 3,41 %.

Pourquoi les taux remontent

La principale explication vient des marchés obligataires. L’OAT 10 ans — l’emprunt d’État qui sert de référence aux banques pour fixer leurs taux — a frôlé 3,70 % ces dernières semaines, son plus haut niveau depuis 2011.

Deux facteurs expliquent cette pression. D’un côté, un contexte géopolitique tendu qui pousse les investisseurs vers des actifs plus sûrs et fait monter les taux souverains. De l’autre, les débats autour du budget 2026, qui ont entretenu une certaine volatilité avant la promulgation du texte le 19 février.

Le HCSF maintient les règles d’endettement

Le Haut Conseil de stabilité financière a confirmé le 3 mars le maintien du cadre réglementaire actuel : taux d’endettement plafonné à 35 % des revenus nets, durée maximale de 25 ans (27 ans pour le neuf avec différé d’amortissement), et une flexibilité limitée à 20 % de la production trimestrielle des banques pour les dossiers dérogatoires.

Ce maintien en l’état tranche avec les demandes de certains professionnels du secteur, qui réclamaient un assouplissement pour relancer la demande. Le HCSF a préféré jouer la stabilité, estimant que la remontée récente du volume de crédits — en hausse de 33,4 % en 2025 par rapport à 2024 — justifiait le statu quo.

Que faire si vous avez un projet en cours

Pour les emprunteurs dont le projet est avancé, plusieurs stratégies permettent de limiter l’impact de la hausse. Raccourcir la durée du crédit, si votre capacité de remboursement le permet, fait baisser mécaniquement le taux proposé par les banques. Augmenter l’apport personnel améliore également le profil de risque du dossier et ouvre la porte à de meilleures négociations.

La renégociation d’une assurance emprunteur reste aussi un levier souvent sous-utilisé. Depuis la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance à tout moment pendant la durée de votre crédit — une démarche qui peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économie sur la durée totale du prêt.

Les perspectives pour les prochains mois

Les courtiers anticipent une relative stabilité des taux au printemps, sans retour imminent aux niveaux de fin 2025. La BCE devrait maintenir sa politique de taux directeurs en l’état lors de ses prochaines réunions, dans un contexte inflationniste encore présent en zone euro. Une fenêtre de taux plus favorables pourrait se rouvrir en fin d’année, si les tensions géopolitiques se dissipent et que l’inflation confirme son reflux.

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