Patrick Martin, président du Medef, a exprimé mercredi depuis Dax une « inquiétude, mais pas de panique » face aux répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient. Les secteurs fortement consommateurs d’énergie sont les premiers concernés par la hausse des prix.
L’impact actuel est jugé « très sectoriel » par l’organisation patronale française. Il touche principalement les industries grandes consommatrices d’énergie, telles que la chimie, la sidérurgie, la production d’aluminium et le transport routier. Le coût du gaz a déjà augmenté de plus de 40 %, et celui du pétrole de 20 %. Ces hausses directes pourraient lourdement affecter la rentabilité de ces entreprises.
Les enjeux stratégiques du détroit d’Ormuz
Un point de passage commercial d’hydrocarbures stratégique, le détroit d’Ormuz, fait l’objet d’une surveillance accrue. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé en contrôler la totalité. Ce détroit est crucial pour le commerce mondial, puisque environ un quart du pétrole et un cinquième du gaz naturel liquéfié de la planète y transitent chaque année.
Bien que la majorité des entreprises dispose de contrats d’approvisionnement à moyen terme, les protégeant d’un impact immédiat, la prolongation du conflit ferait peser une menace sur l’ensemble de l’économie française, selon le président du Medef.
Conséquences sur le commerce mondial
Le détournement des routes maritimes habituelles, désormais contraintes de passer par le Cap de Bonne Espérance, à la pointe de l’Afrique du Sud, entraîne des coûts supplémentaires significatifs pour les approvisionnements. Cette nouvelle logistique cause également un allongement notoire des délais de livraison.
Un contexte géopolitique complexe
Patrick Martin a souligné l’existence d’un contact quotidien avec le gouvernement, à différents niveaux. Il a décrit des chefs d’entreprises qui se sentent « tendus » face à cette situation. Cette crise géopolitique grave vient s’ajouter à d’autres défis, notamment la guerre en Ukraine, les tensions commerciales avec la Chine et les négociations sur les tarifs douaniers avec les États-Unis. Le Medef assure suivre l’évolution de la situation de près.
