Ils ont passé des mois enfermés dans des logements de France et de Belgique, à des milliers de kilomètres de toute savane. Ce mercredi 17 juin, quatre servals recueillis par le refuge Tonga Terre d’accueil, à Saint-Martin-la-Plaine (Loire), s’envolent enfin pour l’Afrique du Sud, selon les informations d’ICI Saint-Étienne.
Baptisés Raya, Cavale, Nyalenda et Ominira, ces quatre félins tachetés n’ont rien d’un chat de salon. Le serval est un prédateur sauvage africain, reconnaissable à ses grandes oreilles rondes et à ses longues pattes fines, que certains particuliers s’entêtent pourtant à garder comme animal de compagnie. Détenus illégalement, les quatre pensionnaires ont été saisis, puis soignés pendant de longs mois par l’association ligérienne.
Leur grand départ s’inscrit dans le « Roar Project », le programme de rapatriement mené par Tonga Terre d’accueil, qui en est à sa troisième édition. Direction le SanWild Sanctuary, une vaste réserve d’Afrique du Sud. Sur place, pas question de relâcher les animaux du jour au lendemain : les servals passeront d’abord par une phase d’acclimatation, le temps de réapprendre la vie loin des cages, avant un retour espéré à la liberté.
Le refuge ligérien affirme être la seule structure française à organiser ce type de voyage pour des servals. L’opération n’est pas un coup d’essai : une première édition avait été menée avec succès en 2024, accompagnée cette fois de deux lions. Les histoires d’animaux qui sortent de l’ordinaire ne manquent pas : on se souvient du chat voleur de Capbreton qui rapportait un poisson rouge vivant, de cette chasse aux œufs organisée au milieu des tigres dans l’Yonne, ou encore du chevreuil « ivre » qui a affolé les médias américains.
Pour les quatre rescapés, ce long périple vers le sud referme une captivité qui n’aurait jamais dû exister. Et ouvre, espère l’association, une seconde vie à ciel ouvert, sous le soleil de la savane.















