À retenir
- Invitée de LCI lundi 19 octobre, Marion Maréchal propose de juger les mineurs comme des adultes dès 15 ans, contre 18 ans aujourd’hui
- L’eurodéputée ne serait pas opposée à un internement préventif visant l’ultragauche, mesure qu’elle défend déjà pour les fichés S islamistes
- Elle juge tardifs et trop restreints les couvre-feux décidés à Paris, Lyon, Nice et dans le Nord
- Le Conseil constitutionnel a censuré le 19 juin 2025 plusieurs mesures de la loi Attal qui durcissaient la justice des mineurs
Marion Maréchal veut que les mineurs soient jugés comme des adultes dès 15 ans. L’eurodéputée, présidente du parti d’extrême droite Identité-Libertés, l’a proposé lundi 19 octobre sur LCI, dans l’émission de Darius Rochebin, deux jours après les violences et les pillages qui ont accompagné les mobilisations du 17 octobre.
Elle a appelé à « abaisser la majorité pénale pour les mineurs à 15 ans ».
Elle invoque des « profils de plus en plus jeunes qui sont dans une extrême violence » et réclame pour eux « une réponse pénale rapide et ferme ». Selon elle, le droit pénal actuel n’est « plus adapté ».
À 15 ans, un mineur perdrait l’excuse de minorité
En France, la majorité pénale est fixée à 18 ans. Le Code de la justice pénale des mineurs, entré en vigueur en septembre 2021, prévoit que le moins de 13 ans est présumé non doué de discernement. Cette présomption peut être renversée.
Entre 13 et 18 ans, un mineur peut être condamné, mais la peine encourue est en principe réduite de moitié : c’est l’excuse de minorité. À partir de 16 ans, le tribunal peut l’écarter à titre exceptionnel, par une décision spécialement motivée.
Abaisser la majorité pénale à 15 ans reviendrait à supprimer cette atténuation pour les 15-17 ans. Or le Conseil constitutionnel fait de l’atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de leur âge un principe fondamental reconnu par les lois de la République.
C’est en son nom que les Sages ont censuré le 19 juin 2025 plusieurs articles de la loi Attal, dont la comparution immédiate des mineurs de 16 ans et plus et l’inversion du régime de l’excuse de minorité pour les récidivistes.
La question revient alors que de nombreux mineurs ont été interpellés ces derniers jours, notamment lors des gardes à vue de lycéens le jour du 17 octobre.
Fichés S puis ultragauche : l’internement préventif évoqué sur LCI
Darius Rochebin l’a interrogée sur un internement administratif « très encadré » de militants d’ultragauche, en rappelant que le Royaume-Uni y avait recouru pendant la Seconde Guerre mondiale.
Marion Maréchal dit l’avoir déjà défendu pour les fichés S islamistes. « Je ne serais pas choquée qu’il puisse y avoir quelque chose de similaire » pour l’ultragauche, a-t-elle ajouté.
Elle indique militer au Parlement européen pour que des groupes d’ultragauche soient classés comme terroristes à l’échelle de l’Union. Elle veut aussi étendre la déchéance de nationalité aux binationaux qui s’en prennent aux forces de l’ordre.
Sur la légitime défense, elle demande une réforme pour qu’elle soit « pleine et entière ». Le Code pénal prévoit déjà une présomption de légitime défense, notamment contre une intrusion de nuit dans un domicile.
Darius Rochebin lui a objecté que bloquer un lycée n’avait rien de comparable avec la destruction de dizaines de commerces.
Couvre-feux de Lille à Paris : « un pansement sur une hémorragie »
Le préfet du Nord a instauré à partir du lundi 19 octobre un couvre-feu de 20 heures à 6 heures pour les mineurs non accompagnés d’un adulte responsable, à Lille, Wattignies, Douai et Denain, selon ici Nord.
À Paris, la préfecture de police a décidé un couvre-feu de 23 heures à 6 heures autour de la place de la République et des Halles. Des mesures comparables visent les mineurs dans le centre-ville de Nice et la Presqu’île de Lyon.
Pour Marion Maréchal, ces couvre-feux sont « un pansement sur une hémorragie ». Elle estime que l’état d’urgence aurait dû être déclaré avant le samedi 17 octobre.
Elle met aussi en doute les suites judiciaires des interpellations, après que Gérald Darmanin a fait état sur TF1 de 2 513 gardes à vue.
« Je considère qu’il vaut mieux un émeutier blessé qu’un policier blessé », a-t-elle déclaré sur le maintien de l’ordre.
Sources : entretien de Marion Maréchal avec Darius Rochebin sur LCI, vidéo publiée sur la chaîne YouTube LCI (https://www.youtube.com/watch?v=T_Akz0JARGk) ; arrêté du préfet du Nord rapporté par ici Nord ; décision du Conseil constitutionnel du 19 juin 2025 sur la loi Attal.
Source : la vidéo publiée sur YouTube





























