La recherche Google version « tout IA » provoque un rejet. Selon TechCrunch, les installations de l’application DuckDuckGo ont bondi jusqu’à 30 % en quelques jours, portées par des internautes lassés des réponses générées automatiquement. Un ras-le-bol qui profite aux moteurs misant sur la vie privée.
À retenir
- Les installations de DuckDuckGo ont grimpé jusqu’à 30 % fin mai.
- En cause : l’IA que Google impose par défaut dans ses résultats.
- Des alternatives privées comme Qwant ou Brave en profitent.
Le chiffre vient d’être révélé par TechCrunch. Entre le 20 et le 25 mai, les téléchargements de DuckDuckGo aux États-Unis ont progressé de 18 % en moyenne chaque semaine, avec un pic à 30,5 % le 25 mai.
Sur iPhone, la hausse est encore plus marquée. La société d’analyse Apptopia confirme la tendance, avec environ 29 % de téléchargements quotidiens supplémentaires outre-Atlantique.
Le déclencheur est clairement identifié : les annonces faites par Google à sa conférence I/O, où le moteur a confirmé vouloir transformer la recherche en machine conversationnelle pilotée par l’IA.
Pourquoi les internautes se détournent de Google
Depuis 2024, Google déploie ses AI Overviews, ces résumés rédigés par l’IA affichés avant les liens. L’entreprise veut désormais en faire l’expérience par défaut.
Pour une partie des utilisateurs, c’est la goutte de trop. Les reproches : des réponses parfois inexactes, et l’impression de perdre la main sur ses propres recherches.
« Google impose l’IA sans aucun moyen de s’y soustraire », a résumé le patron de DuckDuckGo, Gabriel Weinberg.
L’enjeu n’est pas que pratique. Ces résumés captent l’attention, réduisent les visites vers les sites sources et relancent la question des données personnelles, à l’heure où la course à l’IA s’emballe.
La domination du moteur s’effrite d’ailleurs lentement. Sa part de marché mondiale est passée d’un pic de 92,9 % en 2023 à un peu moins de 90 % en 2025, sa plus forte baisse en une année.
Quelles alternatives privées choisir en France
DuckDuckGo met en avant un index maison et une IA totalement optionnelle, désactivable en un réglage. Le moteur propose même une page de recherche sans aucune IA.
Côté français, Qwant joue la carte de la souveraineté : hébergement en Europe, pas de pistage ni de revente des données, conformité au RGPD.
Brave Search s’appuie sur son propre index de plusieurs dizaines de milliards de pages. Kagi, payant et sans publicité, réserve l’IA à ceux qui la réclament, tandis qu’Ecosia et Startpage complètent un paysage devenu étonnamment fourni.
Aucun ne menace Google à court terme : le géant pèse encore près de 90 % des recherches mondiales, contre environ 2 % pour DuckDuckGo.
Comment garder des résultats sans IA
La méthode la plus simple reste de changer de moteur par défaut dans son navigateur, sur ordinateur comme sur mobile.
Sur la plupart des alternatives, les fonctions d’IA se coupent en un clic, là où Google les active d’office.
La vraie question dépasse la technique : voulons-nous un moteur qui répond à notre place, ou un moteur qui nous laisse choisir ? Pour s’y retrouver entre les IA elles-mêmes, consultez notre guide pour quel assistant IA choisir.
