- Six chaînes gratuites de la TNT — TF1 Séries Films, L’Équipe, 6ter, RMC Story, RMC Découverte et RMC Life — voient leur autorisation expirer le 11 décembre 2027, selon l’étude d’impact adoptée par le collège de l’Arcom le 9 septembre 2026.
- Les observations écrites sur cette étude sont reçues jusqu’à lundi 28 septembre, délai que le régulateur qualifie de rigueur.
- Côté radio, environ 300 fréquences FM ont été restituées à l’Arcom le 21 juillet : l’Alliance de la Radio a porté cette réorganisation devant le Conseil d’État, recours rendu public le 25 septembre.
- À partir du jeudi 1er octobre, les interventions politiques diffusées entre minuit et 5h59 ne comptent plus dans le calcul du pluralisme.
Au sommaire
- Six chaînes gratuites rejouent leur autorisation le 11 décembre 2027
- TF1, M6 et RMC BFM n’ont pas demandé à être entendus le 22 septembre
- 300 fréquences FM ont changé de mains le 21 juillet
- Le 21 septembre, Radio France et l’Alliance de la Radio signaient le même appel
- Le décompte du temps de parole nocturne s’arrête le 1er octobre
- Ce que la redistribution des fréquences change pour les auditeurs et les téléspectateurs
- Ce qui se joue d’ici le 13 octobre au Sénat et le 11 décembre 2027
Six chaînes gratuites de la TNT devront convaincre l’Arcom de les reconduire, et la carte de la FM vient de changer sans attendre. En une semaine, le régulateur a refermé la phase publique du premier dossier, s’est fait attaquer devant le Conseil d’État sur le second, et a modifié la règle qui mesure le pluralisme à six mois de la présidentielle.
Trois décisions, un même objet : qui a le droit d’émettre sur les fréquences publiques, et selon quelles obligations. C’est le partage de la ressource hertzienne française qui se rejoue, à la télévision comme à la radio.
Six chaînes gratuites rejouent leur autorisation le 11 décembre 2027
L’étude d’impact adoptée par le collège de l’Arcom le 9 septembre porte sur six services nationaux gratuits dont l’autorisation s’achève le même jour, le 11 décembre 2027.
Trois groupes sont exposés, très inégalement. Le groupe TF1 joue TF1 Séries Films, le groupe M6 joue 6ter, et RMC BFM remet trois canaux en jeu d’un coup : RMC Story, RMC Découverte et RMC Life. La sixième, L’Équipe, est éditée par le groupe Amaury.
Cette étude n’est pas une formalité. Elle conditionne le lancement même de l’appel aux candidatures : l’Arcom doit mesurer les effets d’une réattribution sur le marché avant de décider combien de fréquences seront remises en jeu, et à quelles conditions.
Le régulateur n’a communiqué aucune date pour cette étape suivante. Nous avons détaillé le calendrier de cette procédure dans notre article sur les six fréquences de la TNT remises en jeu.
TF1, M6 et RMC BFM n’ont pas demandé à être entendus le 22 septembre
Les tiers souhaitant être auditionnés avaient jusqu’au 17 septembre à midi pour se manifester. Une seule société l’a fait : L’Équipe 24/24, éditrice de la chaîne L’Équipe, entendue le 22 septembre à 9 h 30.
Ni TF1, ni M6, ni RMC BFM n’ont demandé à s’exprimer oralement, alors qu’ils détiennent cinq des six fréquences concernées. Les trois groupes avaient déjà répondu par écrit à la consultation publique lancée le 24 avril, dont une trentaine de contributions professionnelles ont été rendues publiques.
Trois autres ont été déposées sous le sceau de la confidentialité : celles de La Scam, de NRJ Group et du SPECT, le syndicat des producteurs et créateurs de programmes audiovisuels. Le fait que les principaux intéressés préfèrent l’écrit n’a rien d’anodin : à ce stade, chacun défend sa fréquence sans dire publiquement ce qu’il pense de celle du voisin.
La phase écrite se referme lundi 28 septembre, selon le communiqué de l’Arcom.
300 fréquences FM ont changé de mains le 21 juillet
Pendant que la télévision prépare 2027, la radio a déjà basculé. L’Arcom a approuvé le 8 juillet une réorganisation du réseau FM de Radio France, appliquée le 21 juillet, qu’elle juge conforme au cahier des missions et des charges de l’opérateur public.
Au total, environ 300 fréquences ont été restituées au régulateur, soit 12 % du parc FM de Radio France. L’autorité justifie l’opération par la maîtrise budgétaire : le DAB+ coûte moins cher à diffuser, et l’économie attendue est évaluée à 3,9 millions d’euros par an.
Les couvertures de population qui en résultent expliquent le litige :
| Station | Couverture FM avant | Après le 21 juillet |
|---|---|---|
| franceinfo | 80 % | 93 % |
| Ici | 88 % | 90 % |
| France Musique | 93 % | 70 % |
Le décompte du recours pour France Musique, qui perd 23 points, est rapporté par CB News. L’Arcom relève de son côté que la station reste accessible en DAB+, dont la couverture dépasse 80 % de la population et continue de s’étendre.
L’Alliance de la Radio, qui réunit les radios commerciales privées, y voit une « distorsion de concurrence ». Elle a déposé un recours en annulation devant le Conseil d’État, rendu public le 25 septembre, et dénonce une « reconfiguration majeure du paysage radiophonique conduite à marche forcée, sans transparence et sans évaluation préalable ».
Le syndicat ne s’arrête pas aux fréquences. Il réclame un plafond de 52 millions d’euros sur les recettes publicitaires de Radio France, inscrit au cahier des charges, et la remise en jeu des 30 fréquences de Mouv’ au profit des radios privées. Le détail de ces demandes figure dans notre article sur le recours des radios privées au Conseil d’État.
Ni Radio France ni l’Arcom n’avaient réagi publiquement au recours à l’heure où nous publions, et le Conseil d’État n’a pas communiqué de calendrier d’examen.
Le 21 septembre, Radio France et l’Alliance de la Radio signaient le même appel
Voilà le détail qui donne sa mesure à la semaine. Quatre jours avant de saisir le Conseil d’État contre la radio publique, l’Alliance de la Radio cosignait avec elle un appel au gouvernement.
Le texte, publié le 21 septembre par l’Alliance de la Radio, Radio France et les radios associatives, demande que tous les véhicules neufs disposent d’un accès direct et gratuit à la FM et au DAB+, particuliers comme utilitaires. Motif : environ un tiers de l’écoute de la radio se fait en voiture, selon Médiamétrie.
Une obligation existe pourtant déjà : les autoradios neufs vendus en France doivent recevoir le DAB+ depuis décembre 2020. Ce que visent les signataires, c’est le tableau de bord entièrement connecté, où le tuner survit sans être accessible, noyé derrière des interfaces de streaming.
Le DAB+ se reçoit sans données mobiles et reste disponible quand les réseaux tombent : c’est l’argument de résilience que l’appel met en avant. L’article 2 de la proposition de loi déposée au Sénat par Laurent Lafon prévoit précisément de renforcer cette exigence.
Les deux séquences ne sont pas contradictoires, elles sont complémentaires. Public et privé se disputent le partage de la ressource hertzienne, et défendent ensemble son existence face aux constructeurs automobiles et aux plateformes. La même logique traverse le dossier du financement de la création, où l’Arcom a annoncé une étude sur le modèle économique de YouTube avec le CNC.
Le décompte du temps de parole nocturne s’arrête le 1er octobre
Troisième chantier, réglementaire celui-là. À partir du jeudi 1er octobre, l’Arcom ne comptabilisera plus les interventions politiques diffusées entre minuit et 5h59, sur toutes les télévisions et toutes les radios.
La règle est née d’un cas précis. Le 10 juin, le régulateur a mis en demeure Radio France : sur le premier trimestre 2026, près de 60 % du temps de parole du RN sur France Inter et plus de 70 % sur franceinfo avaient été diffusés la nuit.
Conséquence mécanique, sur la tranche de 6 heures à minuit, celle où l’audience se concentre, le RN ne pesait plus que 9 % des interventions politiques sur France Inter et 9,5 % sur franceinfo. Le total paraissait équilibré ; l’écoute réelle ne l’était pas.
Une chaîne pourra toujours rediffuser une interview politique à 3 heures du matin. Ces minutes ne l’aideront simplement plus à justifier son équilibre. Le détail du dispositif figure dans notre article sur la fin du décompte nocturne.
Le même collège a par ailleurs mis en demeure Radio Nova sur ses quotas de chanson française, la station ayant diffusé 11,1 % de nouveaux talents francophones pour 15 % dus. Une mise en demeure ne sanctionne pas le passé : elle ouvre la voie à une sanction en cas de manquement postérieur, comme l’explique notre article sur la mise en demeure de Radio Nova.
Ce que la redistribution des fréquences change pour les auditeurs et les téléspectateurs
Pour les auditeurs de France Musique, un poste FM ne suffit plus partout
C’est la conséquence la plus immédiate et la moins commentée. France Musique est passée de 93 % à 70 % de couverture FM : environ un quart de la population ne la capte plus sur un autoradio ou un transistor classique.
Le repli existe et il est gratuit, mais il suppose un récepteur DAB+. Les appareils neufs en sont équipés depuis 2020, les plus anciens non. Un auditeur qui a perdu la station en juillet n’a pas subi une panne : sa fréquence a été réattribuée.
Pour les téléspectateurs, six chaînes gratuites sans garantie au-delà de 2027
Aucune de ces six chaînes ne disparaît aujourd’hui, ni l’an prochain. Mais aucune n’est certaine de figurer sur la télécommande après le 11 décembre 2027, et l’Arcom peut aussi choisir de remettre en jeu un nombre différent de fréquences.
Le précédent est connu : lors du renouvellement de 2025, deux chaînes gratuites n’ont pas été reconduites. La procédure n’est pas une reconduction automatique déguisée.
Pour les chaînes et les radios, un calendrier qui se resserre
Les six éditeurs concernés devront documenter leur projet, leurs engagements de programmation et leur équilibre économique. Ils le feront dans un marché publicitaire télévisé que l’Arcom voit passer sous 2,5 milliards d’euros en 2030.
Pour les radios, l’enjeu est la trajectoire FM vers DAB+ et le plafond publicitaire réclamé au service public. L’ensemble tombe dans un automne social déjà chargé, marqué par la grève de France Télévisions contre 90 millions d’euros d’économies et par le conflit de Radio France autour de Charles Sapin.
Ce qui se joue d’ici le 13 octobre au Sénat et le 11 décembre 2027
Quatre échéances sont datées, et elles s’enchaînent vite.
La première est lundi 28 septembre : la clôture des observations écrites sur l’étude d’impact de la TNT. Elle libère l’Arcom pour arrêter le format de son appel aux candidatures.
La deuxième est le jeudi 1er octobre, jour où le temps de parole nocturne sort du décompte. Le premier trimestre soumis à la nouvelle règle, octobre-décembre 2026, précédera de quelques mois la campagne présidentielle.
La troisième est le mardi 13 octobre au Sénat, avec l’examen en séance publique de la proposition de loi relative à la modernisation de la radio, déposée le 16 juin par Laurent Lafon, selon le dossier législatif du Sénat. C’est le véhicule parlementaire de l’obligation d’équipement réclamée le 21 septembre.
La quatrième n’a pas encore de date : la décision du Conseil d’État sur la permutation des fréquences FM. Une annulation obligerait l’Arcom à reprendre une opération déjà appliquée sur le terrain depuis juillet, avec des émetteurs éteints et des fréquences restituées.
Au bout de la chaîne, le 11 décembre 2027. Ce jour-là, six autorisations tombent en même temps — la plus grosse redistribution de canaux gratuits depuis le renouvellement de 2025.























