À retenir
- L’Arcom a mis en demeure la société qui édite Radio Nova le 17 juin 2026, décision publiée le 3 juillet
- Sur le dernier trimestre 2025, les chansons francophones de nouveaux talents ont pesé 11,1 % de la diffusion, pour 15 % dus
- Les nouvelles productions sont restées entre 38,6 % et 40,1 % par mois, contre 50 % exigés
- La grille présentée fin août ajoute politique, économie et humour à une antenne d’abord musicale
Au sommaire
L’Arcom a mis en demeure la société qui édite Radio Nova de respecter ses obligations de diffusion musicale, par une décision du 17 juin 2026 rendue publique le 3 juillet. Le régulateur a constaté que les chansons d’expression française issues de nouveaux talents ou de nouvelles productions n’avaient représenté que 11,1 % des titres diffusés en moyenne sur le dernier trimestre 2025, quand la convention de la station lui en impose 15 %.
La mise en demeure est l’avertissement formel qui précède l’ouverture d’une procédure de sanction. Elle n’est assortie d’aucune amende.
Trois mois consécutifs sous le seuil, d’octobre à décembre 2025
Le relevé porte sur octobre, novembre et décembre 2025. Aucun des trois mois n’atteint l’un ou l’autre des deux seuils.
| Mois 2025 | Nouvelles productions | Nouveaux talents francophones |
|---|---|---|
| Octobre | 39,5 % | 11,8 % |
| Novembre | 38,6 % | 10,9 % |
| Décembre | 40,1 % | 10,6 % |
| Obligation | 50 % | 15 % |
L’écart atteint ainsi une dizaine de points sur les nouvelles productions, et quatre points environ sur les nouveaux talents francophones, selon la décision publiée par l’Arcom.
La convention du 6 septembre 2023 impose 1 000 titres différents par mois
Radio Nova émet sous le régime des radios de découverte musicale. Son autorisation repose sur une convention signée le 6 septembre 2023 avec le régulateur.
Ce texte l’engage à diffuser au moins 1 000 titres différents chaque mois, dont 500 au minimum relevant de nouvelles productions. L’annexe III y ajoute le seuil de 15 % de chansons francophones de nouveaux talents, et c’est l’article 3-2 qui porte ces engagements.
Ce régime allégé en chanson française a une contrepartie : la station doit faire tourner un catalogue large et jeune plutôt qu’une rotation courte. Le régulateur publie ses décisions, sanctions et mises en demeure, consultables une à une.
La grille de rentrée de Nova fait une place croissante à la parole
La station a présenté fin août une grille sensiblement plus bavarde. D’après CB News, elle installe un rendez-vous politique quotidien baptisé « 2027 raisons de voter », confié à Azzeddine Ahmed-Chaouch, assorti d’un flash d’actualité à 18 heures.
S’y ajoutent chaque jour une chronique économique de Thomas Porcher et un rendez-vous de réponses aux auditeurs en soirée. Frédéric Antelme, directeur délégué de l’antenne, y résume la mission de Nova en deux volets : « faire découvrir de la musique, aider à comprendre l’époque ».
La station avait déjà élargi sa part de parole en 2024, avec l’arrivée de Guillaume Meurice sur Radio Nova, accompagné de trois autres humoristes venus du service public.
Cette orientation lui a valu des passes d’armes publiques, jusqu’à la plainte de Laurent Nuñez contre Pierre-Emmanuel Barré, à laquelle la station avait opposé la liberté d’expression.
Les quotas se calculent sur les chansons diffusées, et non sur le temps d’antenne total. Une grille plus riche en parole ne fait donc pas baisser les pourcentages par elle-même : elle réduit le nombre de titres sur lesquels ils sont mesurés.
Après la mise en demeure, l’Arcom peut engager une procédure de sanction
Une mise en demeure ne sanctionne pas le passé. Elle fixe une obligation pour l’avenir, et c’est un manquement postérieur qui ouvrirait la voie à une amende ou, à l’extrême, à un retrait d’autorisation d’émettre.
Le dispositif de la décision est rédigé en ces termes : la station « est mise en demeure de respecter, à l’avenir, les stipulations de l’article 3-2 et de l’annexe III de la convention du 6 septembre 2023 ».
Aucun nouveau relevé public depuis ne vise Radio Nova. La station appartient au groupe Combat, détenu par Matthieu Pigasse.
Le même collège a mis en demeure la SAS Voltage le 17 juin également, et Radio France une semaine plus tôt sur le décompte des temps de parole politique. Cette dernière affaire a débouché sur une réforme du calcul : l’Arcom cessera de compter les heures de nuit au 1er octobre.























