Le Seattle Times et le quotidien new-yorkais Newsday ont porté plainte le 4 septembre contre OpenAI et Microsoft. Les deux titres accusent les groupes d’avoir pillé leurs articles pour entraîner ChatGPT et Copilot, sans autorisation ni compensation.
L’essentiel
- Plainte déposée le 4 septembre devant le tribunal fédéral de Manhattan
- Les journaux réclament la destruction des modèles et bases de données concernés
- Ils invoquent une baisse de 47 % du trafic référencé vers les médias moyens en 2025
- Au moins quatre procès similaires visent déjà OpenAI et Microsoft depuis 2023
La plainte, un document de 38 pages, a été déposée devant le tribunal fédéral du district sud de New York. Elle vise à la fois OpenAI et son partenaire Microsoft.
Les deux journaux réclament des dommages et intérêts dont le montant n’est pas précisé. Ils demandent aussi la destruction pure et simple des jeux de données et des modèles d’IA qui contiennent leurs articles.
Ce que reprochent les deux journaux à OpenAI et Microsoft
Dans leur plainte, le Seattle Times et Newsday accusent les deux entreprises d’avoir aspiré leur production journalistique pour nourrir ChatGPT et Copilot, sans jamais demander la permission ni verser de compensation.
Les journaux vont plus loin. Ils dénoncent aussi une dilution de leur marque : selon la plainte, les chatbots auraient parfois attribué à tort de fausses informations à leurs titres.
Pour étayer leur dossier, les plaignants citent une étude montrant que le trafic de référencement en provenance des moteurs de recherche vers les médias de taille moyenne a chuté de 47 % sur un an, en décembre 2025.
Sollicité par la presse américaine, un porte-parole de Microsoft dit avoir été « surpris » par la plainte, tout en se disant prêt à « s’asseoir autour de la table pour explorer des solutions ». OpenAI répond de son côté que ses modèles s’entraînent sur des données publiques, dans le cadre du fair use, et que ses outils profitent à l’ensemble de la société.
Une vague de procès qui ne faiblit pas aux États-Unis
Ce nouveau recours s’ajoute à une liste déjà longue. Le New York Times avait ouvert le bal dès 2023.
Un groupe de rédactions détenues par le fonds Alden Global Capital avait suivi en 2024. Puis, en 2025, ce sont 35 éditeurs représentant plus de 400 journaux locaux qui s’étaient regroupés pour attaquer à leur tour.
Sur ce dossier, l’administration Trump avait pris fait et cause pour OpenAI face au New York Times, une prise de position qui avait surpris jusque dans les rangs républicains.
Anthropic, de son côté, a préféré transiger : le concurrent de ChatGPT a réglé à l’amiable une plainte d’auteurs et d’éditeurs pour 1,5 milliard de dollars en 2025.
En France, la presse a plutôt choisi la voie de la négociation
Le contraste est net avec la France. Les grands groupes de presse y ont privilégié les accords commerciaux aux poursuites frontales.
Le Monde a ainsi signé un partenariat pluriannuel avec OpenAI, tandis que d’autres éditeurs ont négocié au titre des droits voisins, ce mécanisme juridique qui oblige déjà Google et Meta à rémunérer la presse pour la reprise de ses contenus.
Cette approche n’empêche pas les tensions : la presse française a saisi l’Autorité de la concurrence au sujet des résumés générés par l’IA de Google, et Meta a été sommé de négocier avec les éditeurs sur ce même terrain des droits voisins.
Reste à savoir si la méthode américaine, plus frontale, finira par inspirer les rédactions françaises si les négociations venaient à s’enliser.

