Trop de prétendants : ces grenouilles n’arrivent plus à trouver l’amour

Stéphane Larue
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Stéphane Larue
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Chez la grenouille túngara, avoir davantage de prétendants ne facilite rien. C’est même l’inverse qui se produit, révèle une étude relayée ce jeudi par le magazine GEO : plus les mâles se multiplient autour d’une femelle, plus celle-ci peine à s’en tenir à son choix initial.

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L’essentiel

  • Les femelles túngara préfèrent naturellement les chants graves et longs
  • Une étude de l’université du Texas à Austin a testé 80 femelles
  • Ajouter un troisième prétendant moins séduisant fait souvent changer leur choix
  • Publiée dans la revue Science, l’étude illustre un vrai « paradoxe du choix » animal

Un concours de chant très sélectif

La grenouille túngara vit en Amérique centrale. Les mâles l’attirent en coassant depuis les mares, la nuit venue.

Placées face à deux prétendants, les femelles savent parfaitement ce qu’elles veulent. Elles filent systématiquement vers le mâle au chant le plus grave et le plus long, signe de vigueur chez cette espèce.

Un choix net, cohérent, presque rationnel. C’est là que l’histoire devient insolite.

Un troisième prétendant qui brouille tout

Des chercheurs de l’université du Texas à Austin, Amanda Lea et Michael Ryan, ont eu l’idée d’ajouter un troisième chant à l’expérience : celui d’un mâle nettement moins attirant.

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Résultat, publié dans la revue Science : loin d’ignorer cet outsider, une bonne partie des femelles délaissent alors leur favori initial pour se rabattre… sur le deuxième choix.

La simple présence d’une option médiocre suffit à faire perdre à ces batraciennes le fil de leurs propres préférences.

Un réflexe qui n’a rien d’unique

Ce biais porte un nom bien connu des humains : « l’effet leurre ». Les commerçants l’exploitent en glissant une option intermédiaire pour orienter un choix, au rayon des abonnements ou des menus au restaurant.

Le trouver chez un amphibien, dont le cerveau n’a rien à voir avec le nôtre, intrigue les spécialistes du comportement animal. Comme quoi, même dans la mare, trop de choix peut brouiller les pistes les mieux disposées.

Une distraction qui n’est pas sans rappeler les ruses spectaculaires déployées par une pieuvre pour tromper ses prédateurs, ou encore la naissance surprise de dix crocodiles du Nil sans mâle dans un zoo de la Drôme : la nature n’a pas fini de surprendre.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.