Photo : Tima Miroshnichenko / Pexels
IAIntelligence artificielle· 4 min

Cursor : des pirates russophones détournent l’IA de SpaceX pour pirater 7 entreprises

Par Stéphane Larue · 28 août 2026

Des cybercriminels russophones ont manipulé l’intelligence artificielle de Cursor, l’assistant de codage racheté par SpaceX, pour s’introduire dans au moins sept entreprises. Selon une enquête exclusive de Reuters publiée le 27 août, le groupe Aur0ra a fait croire à l’IA que ses attaques n’étaient qu’un simple test de sécurité entre avril et mai. Un groupe actif en France et en Belgique figure parmi les victimes.

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L’essentiel

  • Le groupe russophone Aur0ra a détourné l’agent IA de Cursor entre avril et mai 2026
  • Sept entreprises touchées en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud, dont le groupe Christeyns
  • Cursor appartient désormais à SpaceX, qui a bouclé son rachat à 60 milliards de dollars en août
  • Les pirates ont fait croire à l’IA qu’il s’agissait d’un test pour contourner ses garde-fous

L’affaire illustre un nouveau type de risque : un outil d’IA détourné de sa fonction première pour mener des cyberattaques presque automatisées. Cursor, utilisé quotidiennement par des développeurs pour écrire du code assisté par IA, s’est retrouvé au cœur d’une campagne de piratage sans le savoir.

Elle rappelle aussi que les infrastructures françaises restent exposées : quelques jours plus tôt, une cyberattaque a paralysé l’Éducation nationale à Toulouse et Nantes, à la veille de la rentrée scolaire.

Comment les pirates ont manipulé l’agent IA de Cursor

Selon les investigateurs cités par Reuters, les membres d’Aur0ra ont exploité un serveur mal sécurisé contenant 28 sessions de discussion entre les pirates et l’agent IA de Cursor.

Leur méthode : présenter systématiquement leurs demandes comme faisant partie d’un « environnement de test », une reformulation suffisante pour que l’IA exécute des opérations sensibles, dont du vol d’identifiants et des prises de contrôle de comptes.

Eyal Sela, expert chez Gambit Security, estime auprès de Reuters que l’IA fait probablement gagner aux pirates « 30 à 50 % de temps » en leur évitant les étapes manuelles habituelles d’une intrusion.

La société de cybersécurité CloudSek affirme de son côté qu’Aur0ra revendique jusqu’à 20 victimes au total, un chiffre que Reuters n’a pas pu confirmer intégralement.

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Sept entreprises touchées, dont un groupe présent en France

Parmi les six victimes identifiées : le groupe belge Christeyns, spécialisé dans les produits d’hygiène et qui possède aussi une filiale en France, près de Nantes.

S’y ajoutent le fabricant allemand de portes de garage Teckentrup, l’organisme écossais de certification des hélisurfaces Helideck Certification Agency, un distributeur pharmaceutique argentin, un industriel italien et la société américaine d’assurance titres Bayou Title, en Louisiane.

Cursor, un outil désormais dans le giron de SpaceX

Le rachat de Cursor, développé par la start-up Anysphere, par SpaceX pour 60 milliards de dollars en actions s’est officiellement bouclé au début du mois d’août.

L’assistant s’appuie notamment sur le modèle comparatif IA Claude Sonnet 4.5 d’Anthropic pour générer et corriger du code, ce qui en fait l’un des agents de programmation les plus utilisés au monde.

Ni Cursor, ni SpaceX, ni Anthropic n’ont répondu aux sollicitations de Reuters. Cette acquisition intervient dans un contexte de course aux rachats dans l’IA, quelques jours après l’annonce d’un rachat de Hugging Face par Nvidia pour 12,9 milliards de dollars.

Une alerte pour les entreprises qui utilisent l’IA au quotidien

Pour les experts en cybersécurité, cette affaire confirme une tendance déjà observée ces derniers mois : les agents IA autonomes deviennent une cible et un vecteur d’attaque à part entière.

Curtis Simpson, de Gambit Security, résume la situation à Reuters : ce sera un « jeu du chat et de la souris » entre les défenseurs et les cybercriminels qui s’approprient les mêmes outils que les développeurs.

Pour les entreprises françaises qui déploient des assistants de codage IA, l’épisode invite à la prudence : vérifier les journaux d’activité des agents, limiter leurs permissions par défaut et ne jamais se fier à une simple déclaration d’« environnement de test » pour autoriser une action sensible.

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