Photo : Tara Winstead / Pexels
IAIntelligence artificielle· 3 min

Un tiers du web est écrit par l’IA depuis l’arrivée de ChatGPT

Par Stéphane Larue · 21 août 2026

Un tiers des pages web publiées depuis le lancement de ChatGPT, en novembre 2022, porteraient la marque de l’intelligence artificielle. C’est la conclusion d’une étude du Pew Research Center dévoilée le 20 août 2026, menée sur près de 500 000 pages anglophones à l’aide des outils de détection d’Open Pangram.

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L’essentiel

  • 35 % des pages publiées depuis le lancement de ChatGPT montrent des signes d’écriture par IA
  • Sur l’ensemble des pages anglophones analysées, la proportion tombe à 10 %, sur un échantillon de 10 000 pages collecté en juillet 2026
  • Les tirets cadratins apparaissent deux fois plus souvent, les virgules d’Oxford 63 % plus fréquentes dans les textes suspects
  • Le trafic généré par des robots dépasserait désormais celui des humains sur internet, selon Cloudflare

Comment les chercheurs ont détecté la patte de l’IA

L’équipe de Pew Research a puisé dans les archives de Common Crawl, qui conservent des copies du web depuis des années.

Près de 500 000 pages en anglais ont d’abord été passées au crible, avant qu’un échantillon aléatoire de 10 000 pages, collecté en juillet 2026, ne serve de base à l’analyse fine.

Pour repérer la patte des IA génératives, les chercheurs ont utilisé la technologie d’Open Pangram, spécialisée dans la détection de textes rédigés par des modèles de langage.

Plusieurs indices reviennent sans cesse dans les pages suspectées : le tiret cadratin, deux fois plus fréquent, ou la virgule d’Oxford, 63 % plus présente que dans un texte purement humain.

Ce tiret long est même devenu si reconnaissable qu’il alimente la traque du signe de ponctuation qui trahit ChatGPT chez les internautes les plus attentifs.

Les chercheurs reconnaissent toutefois une marge d’erreur : ces outils de détection peuvent, à l’occasion, classer à tort un texte humain comme généré par IA.

Un web écrit par des robots, pour des robots

Le phénomène dépasse la seule rédaction de contenu.

Cloudflare a récemment observé que le trafic généré par des robots dépasse désormais, pour la première fois, celui des internautes humains sur son réseau.

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Une bascule que l’entreprise n’attendait pas avant début 2027, et qui a donc pris de l’avance.

Résultat : une part croissante du contenu mis en ligne aujourd’hui n’est plus rédigée pour un lecteur, mais pour un autre robot, qu’il s’agisse d’un moteur de recherche, d’un agent IA ou d’un système d’indexation.

Un cercle qui interroge sur la place laissée aux humains dans la fabrication de l’information en ligne.

En Europe, la loi encadre pourtant déjà ces pratiques.

Depuis le 2 août 2026, les chatbots et les contenus IA doivent s’identifier auprès des utilisateurs, en application de l’AI Act européen.

Mais cette obligation de transparence ne s’applique qu’aux contenus produits après son entrée en vigueur, pas aux centaines de milliers de pages déjà en ligne que la Pew Research a analysées.

Le filigrane numérique, censé identifier une image générée par IA, montre lui aussi ses limites.

Google a d’ailleurs choisi de bloquer en France la suppression de son filigrane visible sur les images IA, une exception qui illustre les tensions entre transparence et usages commerciaux du contenu généré.

Pour les lecteurs, la vigilance reste donc la meilleure protection : croiser les sources, repérer les tournures répétitives, et se méfier d’un article trop lisse pour être signé par une seule plume humaine.

Pour aller plus loin : notre dossier complet sur ChatGPT et l'IA d'OpenAI.

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