Un hommage national a été rendu ce mercredi 3 juin à Edgar Morin, dans la cour du Dôme des Invalides, à Paris. Le sociologue et philosophe, mort le 29 mai à l’âge de 104 ans, a été salué par Emmanuel Macron, en présence de sa famille et de nombreuses personnalités.
La cérémonie, présidée par le chef de l’État, a débuté en fin de matinée dans la cour sud du Dôme des Invalides, et non dans la traditionnelle cour d’honneur, en raison de travaux.
Devant l’assistance, Emmanuel Macron a salué « un destin exceptionnel dans le siècle ». Il a rendu hommage à un penseur qui ne céda jamais, selon ses mots, à « la vérité d’un seul camp ».
Le président a décrit « un humaniste planétaire certes, mais irréductiblement français toujours ». Il a évoqué ses combats « pour la liberté, l’égalité, l’émancipation et la fraternité avec tous les peuples privés de leurs droits ».
Sa veuve, la philosophe Sabah Abouessalam, assistait à la cérémonie. L’ancien président François Hollande et de nombreuses figures politiques et intellectuelles étaient également présents.
Réservé aux personnalités qui ont marqué la Nation, l’hommage national demeure une distinction rare.
Qui était Edgar Morin ?
Né en 1921, Edgar Morin était l’un des derniers grands intellectuels français. Orienté à gauche, cet ancien résistant, juif et laïque, se présentait lui-même comme un « braconnier du savoir ».
Historien, philosophe et sociologue à la fois, il a refusé toute sa vie le cloisonnement des disciplines, au profit d’une vision pluridisciplinaire de l’humain nourrie par les données scientifiques. Son œuvre se présentait comme une réflexion sur l’humanité, à rebours de la sociologie traditionnelle.
Auteur d’une quarantaine d’ouvrages, dont La Méthode, traduite dans une grande partie du monde occidental, il a marqué la pensée contemporaine bien au-delà des frontières. À l’image des grandes figures de la Résistance dont il fut l’un des derniers témoins, il aura traversé le siècle en homme libre.
