Ferrari a dévoilé ce lundi 25 mai à Rome son tout premier modèle 100 % électrique, baptisé Luce — lumière en italien. La supercar développe 1 113 chevaux grâce à quatre moteurs indépendants, abat le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes et revendique 531 km d’autonomie en cycle WLTP pour un prix annoncé à plus de 500 000 euros.
Un monstre de puissance taillé pour le grand tourisme
Sous une carrosserie de berline gran turismo, la Luce embarque une batterie lithium-ion NMC de 122 kWh fournie par le spécialiste sud-coréen SK On et assemblée à Maranello. L’architecture haute tension en 880 volts permet une charge rapide de 10 à 80 % en moins de 25 minutes sur une borne courant continu délivrant des pics à 350 kW. Revers de cette débauche d’énergie : la Luce pèse 2 300 kg, faisant d’elle la Ferrari la plus lourde jamais produite, devant le SUV Purosangue.
Des suspensions actives pour dompter 2,3 tonnes
Pour compenser cette masse dans les virages, Maranello a développé une troisième génération de suspensions actives. Chaque amortisseur est couplé à un moteur électrique en 48 volts capable d’exercer une force contraire instantanée sur la roue, annulant le roulis et maintenant la caisse parfaitement à plat — une prouesse que Ferrari compare à l’agilité d’une berlinette thermique. La Apple Watch Ultra 4 et d’autres produits premium misent également sur la sophistication des capteurs pour repousser les limites physiques de leurs appareils.
L’habitacle pensé par Jony Ive contre la dictature du tout-tactile
À bord, Ferrari a confié la conception de l’habitacle à LoveFrom, le studio du légendaire designer d’Apple Jony Ive. Le résultat tranche radicalement avec les tableaux de bord dominés par les grandes dalles tactiles : les commandes essentielles restent physiques — basculeurs métalliques, boutons rotatifs à clic millimétré et un volant trois branches aluminium. Une instrumentation numérique de 12,5 pouces face au conducteur complète l’ensemble, sans écraser l’ergonomie. La montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les interfaces pousse d’ailleurs de nombreux constructeurs à reconsidérer l’équilibre entre écrans et commandes physiques.
Un lancement stratégique sur un marché en doute
La Luce arrive dans un contexte délicat pour les supercars électriques haut de gamme. Lamborghini a gelé son projet électrique à l’horizon 2030, et Ferrari lui-même a repoussé son deuxième modèle à batterie de fin 2026 à 2028 au plus tôt. Le constructeur a également revu sa feuille de route : l’objectif de 40 % de véhicules électriques en 2030 a été ramené à 20 %, Maranello préférant maintenir une large part de modèles hybrides et thermiques pour préserver ses emblématiques blocs V8 et V12. Les précommandes de la Luce ouvriront en mars 2026 pour des livraisons attendues en octobre 2026. L’action Ferrari (RACE) s’est repliée sous les 300 euros à la Bourse de Milan ces derniers mois, les investisseurs intégrant les dépenses en recherche et le ralentissement global de l’électrique.
À retenir
- 1 113 ch, 0-100 km/h en 2,5 s, 310 km/h de vitesse max
- 531 km d’autonomie WLTP, charge 10-80 % en moins de 25 min
- Prix annoncé : plus de 500 000 euros, premières livraisons octobre 2026
