Pour la première fois de son histoire, Samsung Electronics a franchi le seuil des 1 000 milliards de dollars de valorisation boursière le mercredi 6 mai 2026. Le géant sud-coréen des semi-conducteurs, porté par l’explosion mondiale de la demande en puces pour l’intelligence artificielle, a vu son action bondir de plus de 10 % en une seule séance.
Des puces HBM au cœur du boom IA
Le secret de cette envolée tient dans trois lettres : HBM. La mémoire à haute bande passante — ou High Bandwidth Memory — est le composant indispensable au fonctionnement des grands systèmes d’IA. Samsung en est l’un des fabricants mondiaux, et la demande explose bien plus vite que les capacités de production.
Résultat : les bénéfices du premier trimestre 2026 de Samsung se sont établis à huit fois le niveau enregistré un an plus tôt, selon les résultats publiés fin avril. Ce bond spectaculaire, conjugué aux perspectives d’une demande soutenue, a suffi à propulser l’action jusqu’au cap symbolique du trillion de dollars. Samsung devient ainsi seulement la deuxième entreprise asiatique à franchir ce seuil, après le taïwanais TSMC.
Cette dynamique reflète une tendance de fond : la diffusion massive de l’IA dans les usages quotidiens génère une demande insatiable en infrastructure matérielle, dont les puces mémoire sont le nerf de la guerre.
L’Apple deal et la guerre des semi-conducteurs
Un autre moteur a alimenté la hausse boursière. Des informations parues la veille faisaient état de discussions avancées entre Apple et deux fabricants de puces — dont Samsung — pour produire des composants sur le sol américain. Si le géant de Cupertino s’appuie aujourd’hui quasi exclusivement sur TSMC en Taïwan, décrocher un contrat Apple constituerait un changement majeur dans la chaîne mondiale des semi-conducteurs.
La concurrence reste cependant acharnée. Le rival coréen SK Hynix dispute à Samsung chaque appel d’offres HBM auprès des géants de la tech. Les trois plus grands fabricants de mémoire mondiaux — Samsung, SK Hynix et Micron — réorientent massivement leurs capacités vers ce segment à très haute valeur, au détriment de leurs lignes grand public traditionnelles.
Cette tension sur les approvisionnements explique en partie pourquoi les géants du numérique anticipent leurs commandes de puces pour alimenter leurs centres de données IA.
Des nuages à l’horizon malgré les records
L’euphorie boursière ne masque pas les tensions internes. Les syndicats de Samsung menacent de déclencher une grève de 18 jours dans les prochaines semaines, réclamant une meilleure redistribution des profits records. Une telle perturbation pourrait aggraver la pénurie mondiale de puces HBM déjà sous forte pression.
Par ailleurs, les divisions téléphones et téléviseurs du groupe — qui achètent elles aussi des puces mémoire pour leurs produits — pâtissent directement du renchérissement des composants que Samsung produit. L’IA, qui a fait la fortune de la division semi-conducteurs, devient un coût supplémentaire pour les autres branches. Un phénomène que l’on observe également dans d’autres poids lourds de la tech, où les gains de l’IA profitent rarement à l’ensemble des effectifs.
À retenir
- Samsung a dépassé 1 000 milliards de dollars de capitalisation le 6 mai 2026, devenant le deuxième géant asiatique à franchir ce seuil après TSMC.
- Les puces HBM pour l’IA ont multiplié par huit les bénéfices de Samsung en un an, alimentant une hausse boursière de plus de 10 % en une séance.
- Une menace de grève de 18 jours et la concurrence intense de SK Hynix constituent les principaux risques à court terme.
