Le préfet de Seine-Saint-Denis demande au maire LFI de Saint-Denis de remettre le portrait officiel d’Emmanuel Macron dans son bureau.
Le préfet hausse le ton
Le courrier est direct.
Dans une lettre datée du 5 mai 2026, le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, demande à Bally Bagayoko de « renouer avec l’usage républicain » après avoir retiré le portrait officiel d’Emmanuel Macron de son bureau à la mairie de Saint-Denis. Le document a été publié mercredi par la préfecture sur les réseaux sociaux.
Le représentant de l’État rappelle que l’affichage du président de la République dans les mairies ne relève d’aucune obligation légale. Mais il insiste sur le fait qu’il s’agit d’une « tradition républicaine » au même titre que le drapeau tricolore, Marianne ou la devise nationale.
Un portrait « dans un coin »
Bally Bagayoko assume totalement.
Invité sur LCI quelques jours plus tôt, le maire insoumis avait expliqué avoir décroché le portrait présidentiel et l’avoir placé « dans un coin ». Selon ses déclarations, il attend désormais « l’avènement d’une gauche de rupture » et espère voir Jean-Luc Mélenchon accéder à l’Élysée en 2027.
Le nouvel édile de Saint-Denis estime que « la République n’est pas en capacité de corriger les inégalités ». D’après les informations communiquées sur la chaîne, ce geste se voulait avant tout politique et symbolique.
Une pratique non obligatoire
Le débat revient régulièrement.
En France, aucun texte n’impose aujourd’hui à un maire d’exposer le portrait officiel du président dans son bureau ou dans les locaux municipaux. Plusieurs médias rappellent qu’un amendement avait été discuté en 2023 afin de rendre cet affichage obligatoire dans toutes les mairies.
Le texte n’a finalement jamais abouti au Parlement. La mesure n’est donc jamais entrée en vigueur.
Le maire refuse de céder
La réponse de Bally Bagayoko est sèche.
Le maire de Saint-Denis considère que la lettre du préfet « n’a pas lieu d’être ». Selon les déclarations qu’il a faites mercredi à plusieurs médias, sa démarche reste « parfaitement légale » et sera maintenue.
Le portrait d’Emmanuel Macron restera décroché « tant que l’État ne remplira pas ses obligations dans le cadre du pacte républicain », affirme l’élu LFI. Il évoque notamment les difficultés sociales persistantes en Seine-Saint-Denis et accuse l’État de ne pas répondre suffisamment aux besoins du territoire.
Une tension déjà installée
Ce n’est pas le premier affrontement.
D’après les éléments communiqués ces dernières semaines, les relations entre la préfecture et le nouveau maire de Saint-Denis se sont déjà tendues autour d’un arrêté municipal anti-expulsion suspendu par la justice administrative. Bally Bagayoko estime désormais que l’État se mobilise davantage sur des questions symboliques que sur les « urgences sociales » du département.