Le Premier ministre n’a pas attendu pour réagir. Sébastien Lecornu a appelé ce vendredi 1er mai un boulanger de Domarin, en Isère, sanctionné dans la matinée par l’inspection du travail pour avoir fait travailler ses salariés. Le chef du gouvernement lui a assuré qu’il n’aurait pas à s’acquitter de l’amende.
L’artisan, à la tête du Pétrin Dauphinois, a ouvert sa boutique dès 7 heures avec sept employés présents. Une heure plus tard, deux inspecteurs du travail se sont présentés sur place, selon les déclarations du commerçant à la presse locale. Le ton est rapidement monté lorsque les agents ont rappelé la règle.
« Ce n’est pas le Premier ministre qui décide, la loi interdit de faire travailler des salariés le 1er mai », lui ont-ils signifié, d’après son témoignage rapporté à ICI Isère. Le boulanger encourt une amende d’environ 750 euros par salarié, soit un total proche de 5 250 euros.
Lecornu prend son téléphone et désavoue l’inspection
Quelques heures après le contrôle, Sébastien Lecornu a directement composé le numéro de la boulangerie. Selon Europe 1 et Franceinfo, le Premier ministre a tenu à rassurer l’artisan en lui indiquant qu’aucune amende ne serait à payer. Une intervention politique inhabituelle qui souligne l’embarras du gouvernement après plusieurs revirements sur le travail du 1er mai.
L’exécutif avait initialement publié un communiqué appelant à la « tolérance » envers les boulangeries et fleuristes ouverts ce vendredi, avant de le retirer face à la fronde des syndicats. Le Conseil d’État a été saisi par Sud, la patronne de la CGT et plusieurs élus écologistes pour contester cette consigne.
D’après les premiers retours, des contrôles similaires auraient eu lieu dans d’autres commerces, notamment chez une fleuriste verbalisée à Grenoble. L’épisode tombe au plus mauvais moment pour le gouvernement, déjà fragilisé sur le front social après la violence en marge des défilés parisiens et la mobilisation portée par les organisations syndicales. Sébastien Lecornu, déjà sous pression après la fuite massive de données à l’ANTS, doit présenter un projet de loi pour autoriser ces ouvertures à compter de 2027.
À retenir
- Un boulanger isérois verbalisé pour sept salariés au travail.
- Sébastien Lecornu l’a appelé pour annuler l’amende.
- Le Conseil d’État saisi par les syndicats sur cette mesure.
