Dix jours après avoir décollé de Floride à bord de la fusée SLS, les quatre astronautes de la mission Artemis 2 s’apprêtent à boucler la boucle ce vendredi soir. La capsule Orion entrera dans l’atmosphère terrestre à près de 38 000 km/h avant de s’amerrir dans le Pacifique, au large de San Diego, vers 2 h 07 du matin heure française — soit 20 h 07 heure de New York.
Ce retour marque la conclusion d’une odyssée historique : la première fois depuis Apollo 17, en décembre 1972, que des êtres humains ont frôlé la Lune. Cinquante-quatre ans après les derniers pas de Harrison Schmitt et Eugene Cernan sur le sol lunaire, l’humanité reprend enfin le chemin du voisin céleste.
Une équipe internationale pour une mission pionnière
À bord de la capsule Orion, le commandant Reid Wiseman assure la dernière ligne droite avec trois coéquipiers chevronnés. Le pilote Victor Glover, la spécialiste de mission Christina Koch — première femme à s’approcher aussi près de la Lune — et le Canadien Jeremy Hansen, représentant de l’Agence spatiale canadienne, ont passé dix jours à repousser les frontières du possible.
Lancé le 1er avril depuis le Centre spatial Kennedy, Orion a décrit une large boucle autour du satellite naturel de la Terre, survolant sa face cachée à quelques centaines de kilomètres d’altitude. Les images transmises depuis la capsule ont subjugué le monde entier, notamment ce « lever de Terre » photographié depuis le côté obscur de la Lune.
Six minutes de silence et 2 800 degrés
Le moment le plus tendu se produira à 1 h 53 du matin, heure de Paris. Pendant six minutes exactement, les équipes au sol perdront tout contact radio : la capsule sera enveloppée d’un plasma incandescent généré par la friction à haute vitesse. 2 800 degrés Celsius sur le bouclier thermique — plus chaud que la surface du Soleil.
Puis les parachutes s’ouvriront en cascade, ralentissant progressivement la descente. Des plongeurs de la marine américaine se jetteront à l’eau depuis des hélicoptères, et les quatre astronautes seront hissés à bord du USS John P. Murtha, le bâtiment de récupération déployé au large des côtes californiennes depuis plusieurs jours.
Comment suivre l’événement en direct cette nuit
Plusieurs options s’offrent aux noctambules et passionnés d’espace. La chaîne YouTube officielle de la NASA diffuse l’intégralité des séquences de rentrée atmosphérique et d’amerrissage, avec un direct en continu. Le magazine Ciel & Espace proposera un stream en français sur sa propre chaîne YouTube à partir de minuit et demi.
Pour qui préfère les voix américaines, des youtubeurs spécialisés comme Stardust retransmettront les images commentées en direct. Le spectacle devrait être spectaculaire : une boule de feu traversant le ciel nocturne au-dessus du Pacifique à une vitesse qui défie l’entendement.
Cette mission Artemis 2 n’est qu’un tremplin. Les grandes aventures culturelles et scientifiques de 2026 ne font que commencer, et si tout se passe bien cette nuit au large de San Diego, c’est Artemis 3 — avec le premier atterrissage lunaire féminin — qui se profilera à l’horizon, d’ici à 2027. Les technologies développées pour ces missions transformeront notre quotidien bien au-delà de l’espace. Une chose est certaine : ce vendredi soir, beaucoup ne dormiront pas.






