Stéphane Larue
Actus

Sanders et AOC veulent geler la construction des data centers IA

Sanders et AOC veulent geler la construction des data centers IA

Le sénateur Bernie Sanders et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez ont déposé le 25 mars un projet de loi pour suspendre la construction de nouveaux data centers dédiés à l’IA aux États-Unis. Une offensive politique majeure contre les géants de la tech, selon Axios et TechCrunch.

Le texte s’appelle « AI Data Center Moratorium Act ». Son objectif : imposer un gel fédéral immédiat sur tout nouveau centre de données lié à l’intelligence artificielle, tant que des garde-fous législatifs n’auront pas été adoptés.

Trois conditions pour lever le moratoire

Le projet de loi fixe trois exigences avant toute reprise des constructions. Première condition : le gouvernement fédéral devra examiner chaque produit d’IA avant sa mise sur le marché, pour vérifier qu’il ne menace ni la santé des travailleurs ni les libertés civiles.

Deuxième exigence : les gains économiques de l’IA et de la robotique devront bénéficier aux salariés, pas uniquement aux actionnaires des géants de la tech.

Troisième point : l’IA ne devra pas faire grimper les prix de l’électricité, nuire aux communautés locales ni détruire l’environnement, selon le texte déposé au Sénat.

Export de puces IA dans le viseur

Le projet va plus loin. Il prévoit d’interdire l’exportation de puces IA avancées vers les pays qui ne disposent pas de réglementations équivalentes contre les risques liés à l’intelligence artificielle.

Une mesure qui vise directement les transferts de technologie vers la Chine et d’autres marchés non régulés.

Réactions vives au Congrès

Le sénateur John Fetterman a immédiatement critiqué le texte, rapporte AOL. De l’autre côté, le sénateur Mark Warner propose une approche différente : taxer les data centers plutôt que les interdire, et utiliser les recettes pour financer la reconversion des travailleurs touchés par l’IA.

Warner a détaillé cette idée lors de l’Axios AI Summit cette semaine, selon TechCrunch. Les revenus pourraient financer des formations d’infirmiers ou des programmes de montée en compétences sur l’IA.

Ce que ça change pour l’Europe

Le texte a peu de chances d’être adopté en l’état. Mais le signal est fort : même aux États-Unis, le consensus pro-tech vacille face aux inquiétudes sur l’emploi et l’énergie.

En Europe, l’AI Act encadre déjà les usages à haut risque. La France, via la CNIL et l’ARCEP, surveille la consommation énergétique des centres de données. Un moratoire américain, même symbolique, renforcerait les voix européennes qui réclament un encadrement plus strict.

Les offres d’emploi débutant ont chuté de 35 % aux États-Unis depuis 2023, rappelle TechCrunch. La question n’est plus de savoir si l’IA transforme le marché du travail, mais à quelle vitesse.

Mais aussi