La banque d’investissement Morgan Stanley affirme qu’un saut majeur en intelligence artificielle est imminent. Selon son rapport publié mi-mars, les dirigeants des principaux laboratoires américains préviennent que les progrès vont « choquer » le monde d’ici le premier semestre 2026.
Ce n’est pas un blog tech qui tire la sonnette d’alarme, mais l’une des plus grandes banques de Wall Street. Dans un rapport relayé par Fortune, Morgan Stanley décrit une accumulation sans précédent de puissance de calcul dans les laboratoires américains d’IA. Et les résultats, selon les analystes, arrivent plus vite que prévu.
Des performances qui dépassent l’expert humain
Le rapport cite le modèle GPT-5.4 « Thinking » d’OpenAI, qui a obtenu 83 % au benchmark GDPVal. Ce score le place au niveau, voire au-dessus, des experts humains sur des tâches à valeur économique, selon Morgan Stanley.
Elon Musk est également cité dans le rapport. Le patron de xAI soutient qu’appliquer dix fois plus de puissance de calcul à l’entraînement d’un modèle suffit à « doubler son intelligence ». Morgan Stanley confirme que les lois de mise à l’échelle tiennent toujours.
Jimmy Ba, cofondateur de xAI, va plus loin. Il estime que des boucles d’auto-amélioration récursive — où l’IA améliore ses propres capacités — pourraient émerger dès le premier semestre 2027.
Un problème d’énergie massif
Toute cette puissance a un coût. Le modèle « Intelligence Factory » de Morgan Stanley projette un déficit énergétique net de 9 à 18 gigawatts aux États-Unis d’ici 2028. Cela représente un manque de 12 à 25 % de la puissance nécessaire pour alimenter les centres de données.
Pour compenser, certains développeurs convertissent d’anciennes fermes de minage Bitcoin en data centers IA. D’autres déploient des piles à combustible.
Ce que ça signifie pour la France
La France n’est pas à l’écart de cette course. Elon Musk a lancé son projet Terafab au Texas, une usine de puces à 25 milliards de dollars. En Europe, le AI Act impose un cadre réglementaire, mais les investissements en infrastructure restent loin derrière les États-Unis.
Morgan Stanley prédit que l’IA deviendra une « force déflationniste puissante ». En clair : les coûts du travail humain baisseront à mesure que l’IA remplacera certaines tâches. Amazon a déjà licencié 16 000 salariés pour intégrer l’IA.
Plusieurs entreprises françaises accélèrent. Mistral AI et Hugging Face développent des modèles compétitifs, tandis que la CNIL surveille de près l’usage des données personnelles. OpenAI prépare son entrée en bourse avec plus de 25 milliards de revenus.
Le message de Morgan Stanley est limpide : l’intelligence elle-même devient la « monnaie du royaume », forgée à coups de calcul et d’énergie. Et la plupart des pays, prévient la banque, n’y sont pas préparés.
