À quelques heures de la clôture des dépôts de listes pour le second tour, le paysage politique bascule. Sarah Knafo à Paris et Sébastien Delogu à Marseille ont annoncé leur retrait ce mardi 17 mars, lançant une course contre la montre pour contrer le Rassemblement National et l’union de la gauche.
Le suspense a pris fin peu avant l’heure limite fixée à 18h00. Dans les deux plus grandes villes de France, des candidats clés ont choisi de s’effacer, transformant radicalement les rapports de force pour le scrutin de dimanche prochain. À Paris, la droite tente une union de la dernière chance, tandis qu’à Marseille, le camp de la gauche se resserre face à la menace d’une victoire historique de l’extrême droite.
L’espoir d’une « remontada » pour Rachida Dati à Paris
Qualifiée de justesse avec 10,4 % des suffrages, l’eurodéputée Sarah Knafo (Reconquête) a finalement jeté l’éponge. Ce retrait, annoncé officiellement au Parisien, vise explicitement à « faire barrage à la gauche » menée par le socialiste Emmanuel Grégoire. Ce désistement redonne un souffle inattendu à la campagne de Rachida Dati, qui accusait un retard de plus de 12 points au premier tour.
L’ancienne ministre, qui a déjà fusionné ses listes avec celles de Pierre-Yves Bournazel (Horizons), espère désormais capter l’électorat de droite dans son ensemble pour créer la surprise. Cependant, la gauche parisienne reste divisée : Emmanuel Grégoire a de nouveau refusé toute alliance avec Sophia Chikirou (LFI), préférant s’appuyer sur sa dynamique du premier tour.
Marseille : Sébastien Delogu se retire face au risque RN
C’est un véritable coup de tonnerre dans la cité phocéenne. L’Insoumis Sébastien Delogu, qui avait pourtant juré de se maintenir après avoir récolté 11,9 % des voix, s’est finalement désisté. Ce choix stratégique intervient pour éviter que Marseille ne bascule entre les mains de Franck Allisio, le candidat du Rassemblement National arrivé au coude-à-coude avec le maire sortant.
Benoît Payan, qui devançait le RN de seulement un point et demi au premier tour, se retrouve désormais seul représentant de la gauche face au bloc d’extrême droite et à Martine Vassal (LR), qui a maintenu sa candidature malgré ses 12,4 %. Jean-Luc Mélenchon a salué le « dévouement » de son protégé, tout en dénonçant le « sectarisme » du maire sortant qui avait refusé toute alliance programmatique avec La France Insoumise.
Tensions nationales et psychodrame à Strasbourg
Au-delà de ces deux bastions, c’est tout l’appareil socialiste qui vacille. Les fusions entre le PS et LFI dans plusieurs villes de province ont provoqué la colère de Raphaël Glucksmann et d’une partie de l’aile droite du parti. À Strasbourg, la situation est devenue illisible : la sortante Jeanne Barseghian (Écologiste) s’est alliée avec LFI, provoquant une riposte de Catherine Trautmann.
L’ancienne maire socialiste de Strasbourg a en effet conclu un accord surprise avec Pierre Jakubowicz (Horizons), ce qui lui a valu d’être immédiatement désavouée par la direction nationale du PS. Ces manœuvres de dernière minute illustrent la recomposition brutale du paysage politique local, où les étiquettes partisanes s’effacent derrière des impératifs de survie électorale.
