Le Conseil d’administration de France Télévisions a validé les comptes de l’exercice 2025, marqué par une réduction historique des ressources publiques et publicitaires. Malgré un résultat net déficitaire, le groupe audiovisuel affiche des performances supérieures à ses prévisions budgétaires grâce à un pilotage serré de ses dépenses et des audiences numériques record.
Réuni pour examiner l’année écoulée, le Conseil d’administration de France Télévisions a acté une année de contrastes. Si le groupe a dû faire face à une baisse de son chiffre d’affaires de 130 millions d’euros par rapport à 2024, ses indicateurs financiers finaux sont plus encourageants que prévu.
Le résultat d’exploitation s’établit à -22,7 millions d’euros, soit une nette amélioration de 35 millions d’euros par rapport au budget rectificatif de l’été dernier. Le résultat net, quant à lui, affiche une perte de 30,8 millions d’euros, un chiffre là encore moins lourd que les 47,7 millions initialement redoutés par la direction de Delphine Ernotte Cunci.
Une domination confirmée sur le streaming gratuit
Sur le plan éditorial, l’année 2025 a été celle de la consolidation numérique. Le groupe confirme sa place de premier média des Français avec une part d’audience globale de 29,4 %.
La véritable satisfaction vient de la plateforme france.tv, qui s’impose comme la première offre de streaming gratuite en France. Avec une moyenne de 39,8 millions de visiteurs uniques chaque mois, la plateforme enregistre une progression fulgurante de 14 % sur un an, validant la stratégie de distribution numérique du groupe face aux nouveaux usages.
Un plan d’économies massif pour compenser les baisses de dotations
Pour contrer la contraction du marché publicitaire et la baisse des ressources publiques, France Télévisions a dû actionner plusieurs leviers d’économies. La gestion de la masse salariale a été centrale, avec une diminution de 212 équivalents temps plein (ETP) en un an. En une décennie, les effectifs du groupe ont ainsi fondu de plus de 12 %.
Le coût des grilles de programmes a également été revu à la baisse, avec une réduction de 59 millions d’euros des coûts d’antenne. Cette maîtrise financière a été rendue possible par la renégociation globale des contrats de flux en septembre dernier et une politique de sobriété énergétique sur l’ensemble des sites de l’entreprise.
Vers une transparence accrue et l’équilibre en 2026
L’avenir immédiat reste toutefois semé d’embûches. Pour 2026, le groupe doit absorber une nouvelle baisse de 80 millions d’euros de ses dotations publiques. Malgré ce coup de rabot supplémentaire, le Conseil d’administration a confirmé son objectif de retour à l’équilibre financier dès cette année.
Enfin, en réponse aux recommandations de la Cour des Comptes, France Télévisions va mettre en œuvre un plan de transparence financière. Ce dispositif permettra aux citoyens d’accéder plus facilement aux données relatives au coût du service public et à l’utilisation précise de ses ressources, renforçant ainsi la reddition de comptes auprès des contribuables.
