Stéphane Larue
Actus

Fondation des Femmes : Meta mis en demeure pour censure publicitaire

Fondation des Femmes : Meta mis en demeure pour censure publicitaire, Actus

L’association féministe a officiellement sommé le géant du numérique de rétablir la diffusion de sa campagne « Inarrêtables » sur Facebook et Instagram.

La rupture est désormais consommée entre le monde associatif et la firme de Menlo Park.

Ce mercredi 12 mars 2026, la Fondation des Femmes a transmis une mise en demeure formelle au groupe Meta. L’organisation dénonce le blocage systématique de ses contenus sponsorisés, l’empêchant de promouvoir ses actions et de collecter des fonds essentiels à sa survie.

Anne-Cécile Mailfert, présidente de la structure, qualifie cette situation de scandale démocratique. Selon elle, en censurant les messages féministes, la plateforme prend délibérément position contre l’égalité.

Le conflit s’enracine dans une application jugée abusive des normes communautaires.

Le règlement TTPA comme bouclier juridique

Le groupe américain justifie ces restrictions par le règlement européen sur la transparence et le ciblage de la publicité politique (TTPA). Depuis l’automne 2025, Meta interdit tout message traitant d’enjeux sociaux ou politiques au sein de l’Union européenne pour limiter les risques d’ingérence.

La Fondation rejette catégoriquement cette analyse, évoquant une interprétation arbitraire de la loi.

Cette politique de « précaution » entraîne une chute drastique de la visibilité des appels aux dons. En dix ans, l’association a pourtant réussi à reverser près de 20 millions d’euros à des structures locales luttant contre les violences de genre.

L’absence de visibilité numérique constitue aujourd’hui une menace vitale pour le financement de ces dispositifs de terrain.

Une menace de poursuites judiciaires

L’organisation n’exclut plus de porter l’affaire devant les tribunaux si la situation n’évolue pas immédiatement.

Ce blocage intervient alors que le baromètre annuel de la Fondation souligne une montée inquiétante des discours réactionnaires en France. Pour le collectif, être privé d’accès aux réseaux sociaux revient à laisser le champ libre aux discours hostiles aux droits des femmes.

La Fondation des Femmes exige désormais le rétablissement de sa liberté d’expression sous peine d’engager des procédures judiciaires rapides.

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