Stéphane Larue
Médias

Commission sur l’audiovisuel public : « Mais Jérémie, qu’est ce que tu fais ? » Vive accrochage entre Charles Alloncle et Jérémie Patrier-Leitus , la séance suspendue

Commission sur l’audiovisuel public  :  « Mais Jérémie, qu’est ce que tu fais ? » Vive accrochage entre Charles Alloncle et Jérémie Patrier-Leitus , la séance suspendue

Une altercation d’une violence rare a provoqué la suspension immédiate des travaux parlementaires ce mercredi après des accusations ciblant directement le président de l’instance.

Scène de rupture totale dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Les auditions menées ce mercredi 4 février 2026 par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ont viré à l’affrontement ouvert. Ce qui devait être une séance technique s’est transformé en règlement de comptes politique lorsque le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a brutalement interrompu les débats.

En cause : une charge virulente portée par le rapporteur Charles Alloncle (UDR).

L’élu de l’Union des droites pour la République n’a pas hésité à cibler l’intégrité de son collègue, provoquant un incident de séance majeur.

Des soupçons de conflit d’intérêts mettent le feu aux poudres

Le point de bascule s’est joué autour du géant de la production Mediawan.

Alors que Charles Alloncle qualifiait le groupe cofondé par Xavier Niel et Matthieu Pigasse de société « étrangère » car détenue par des capitaux américains, Jérémie Patrier-Leitus l’a repris de volée, dénonçant une opération de « désinformation ».

C’est à cet instant que le débat a dérapé vers l’attaque personnelle.

Ne supportant pas la contradiction, le rapporteur a lancé une accusation lourde de sous-entendus : « J’ai l’impression que vous vous faites le porte-parole de Mediawan ».

Avant d’asséner le coup de grâce :

« Que vous ayez des liens avec des actionnaires de Mediawan, vous pourrez en répondre. »

Face à ces propos jugés diffamatoires, Jérémie Patrier-Leitus a immédiatement suspendu la séance, qualifiant l’attaque d' »accusations très graves ». Dans la confusion générale, alors que les micros se coupaient, Charles Alloncle a tout de même lancé une dernière invective familière à son président : « Mais Jérémie, franchement, qu’est-ce que tu fais, là ? ».

Une reprise des travaux sous haute tension avant l’arrivée de Rachida Dati

Le calme n’est revenu qu’en apparence.

Quelques minutes après cet esclandre, les travaux ont repris, mais le climat reste délétère. Loin de s’excuser, Charles Alloncle a remis une pièce dans la machine, évoquant sa « sidération » face à ce qu’il considère comme une censure.

Il reproche notamment au président de lui avoir « coupé le micro » et dénonce une méthode « parfois autoritaire ».

De son côté, le député Horizons ne compte pas en rester là. Il a annoncé une réponse « très officielle » pour la séance du lendemain.

L’ambiance promet d’être électrique ce jeudi 5 février.

La commission doit en effet auditionner la ministre de la Culture, Rachida Dati, dès 9h30. Une séquence qui s’ouvrira désormais sur fond de guerre ouverte entre les deux têtes pensantes de la commission.

Mais aussi