À retenir
- Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé, mardi 6 octobre 2026, l’élection de Raphaële Schober, seule maire RN d’Alsace.
- La liste avait gagné le 22 mars avec 17 voix d’avance sur le maire sortant, Yves Goepfert.
- Une procédure de destitution menée par onze élus était déjà engagée contre la maire depuis la mi-septembre.
Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé mardi 6 octobre l’élection municipale de Wittelsheim (Haut-Rhin), remportée en mars par la liste du Rassemblement national de Raphaële Schober, seule maire RN d’Alsace.
Dans sa décision, le tribunal retient « deux irrégularités qui ont altéré la sincérité du scrutin ».
Deux irrégularités ont faussé le scrutin, selon le tribunal
Le jugement ne laisse pas la victoire de mars en l’état. La presse régionale associe l’annulation à des bulletins irréguliers et à une polémique sur Facebook, deux points que la rapporteure publique avait déjà relevés à l’audience du 29 septembre.
Selon Rue89 Strasbourg, elle avait cité d’abord la publication, deux jours avant le second tour, d’accusations contre le maire sortant sur Facebook par un colistier de Raphaële Schober. Un « élément nouveau de polémique électorale, à un moment tel qu’il n’est plus possible d’y répondre », avait-elle estimé.
Second grief : la nationalité italienne d’un candidat de la liste arrivée troisième n’était pas mentionnée sur les bulletins, ce qui a empêché les électeurs de la connaître.
17 voix d’écart et une majorité qui se fissurait
Le 22 mars 2026, la liste RN l’avait emporté face à Yves Goepfert avec 17 voix d’avance, une première pour une commune alsacienne. Le préfet du Haut-Rhin et le maire sortant avaient chacun saisi le tribunal.
Le préfet avançait notamment que le défaut d’indication de nationalité pouvait avoir pesé sur 1 170 voix du premier tour. Il contestait aussi l’éligibilité du premier adjoint, Nicolas Benoin, officier de police judiciaire dans le département : la jurisprudence juge les policiers inéligibles dans les communes de leur ressort.
La majorité municipale s’était entre-temps lézardée. Le 16 septembre, Nicolas Benoin et cinq autres conseillers de la majorité ont lancé une procédure de destitution contre la maire ; cinq élus d’opposition les ont rejoints, ce qui porte à onze le nombre de signataires.
La maire avait ensuite retiré leurs délégations à trois adjoints et reporté le conseil municipal du 24 septembre.
Un appel devant le Conseil d’État reste possible
Une décision d’annulation de ce type peut faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’État. À l’heure où nous publions, nous n’avons trouvé ni réaction publique de la maire ni position du Rassemblement national sur un éventuel appel.
Si l’annulation devenait définitive, de nouvelles élections municipales devraient en principe être organisées à Wittelsheim. Nicolas Benoin avait indiqué qu’il ne se présenterait pas sur la liste de Raphaële Schober dans ce cas.
Le dossier reste donc ouvert à Wittelsheim, entre un possible recours et la procédure de destitution.
























