
Le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France appelle à suspendre la vaccination contre le chikungunya à La Réunion et Mayotte après des événements indésirables graves, en attendant les résultats de l’enquête.
La campagne de vaccination contre le chikungunya a débuté début avril 2025 à La Réunion, alors que l’île fait face à une épidémie généralisée. Le vaccin utilisé, IXCHIQ du laboratoire Valneva, est le premier à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe pour cette maladie. Près de 100 000 doses ont été commandées, avec une priorité donnée aux personnes de 65 ans et plus présentant des comorbidités, aux adultes à risque et aux agents de lutte anti-moustique.
Le 26 avril, les autorités sanitaires ont annoncé le retrait immédiat des personnes de 65 ans et plus de la campagne de vaccination contre le chikungunya à La Réunion et Mayotte. Cette décision fait suite à la survenue de trois « événements indésirables graves » chez des personnes de plus de 80 ans, toutes présentant des comorbidités. Deux d’entre elles ont développé des symptômes proches d’une forme grave de chikungunya dans les jours suivant la vaccination, l’une est décédée et la troisième a pu quitter l’hôpital.
Selon les analyses du Centre Régional de Pharmacovigilance de Bordeaux, le lien de causalité avec le vaccin IXCHIQ est jugé très vraisemblable, compte tenu du délai d’apparition des symptômes et des résultats biologiques. D’autres investigations sont en cours pour des cas similaires, dont un en métropole.
Face à cette situation, Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), a appelé à une suspension totale de la vaccination contre le chikungunya à La Réunion et Mayotte, le temps que l’enquête sur ces événements indésirables aboutisse. Il précise que, même s’il considère le vaccin comme sûr et qu’il en est un fervent défenseur, il estime qu’aucun doute ne doit subsister pour maintenir la confiance de la population.
Il a également sollicité une réunion avec le ministère de la Santé et les acteurs de la vaccination dès le lundi suivant, soulignant l’importance de la transparence et du dialogue dans cette crise sanitaire.
La Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé de suspendre la vaccination avec IXCHIQ chez les personnes de 65 ans et plus sur l’ensemble du territoire français, dans l’attente de données complémentaires de pharmacovigilance. La vaccination reste ouverte aux personnes de 18 à 64 ans présentant des comorbidités.
Les autorités rappellent que les effets indésirables du vaccin IXCHIQ restent rares et généralement bénins, mais qu’une surveillance médicale renforcée a été mise en place. En cas de symptômes inhabituels ou graves après la vaccination, il est conseillé de consulter rapidement un professionnel de santé.
Pour les personnes de plus de 65 ans déjà vaccinées, la vigilance est de mise. Les autorités recommandent de surveiller l’apparition de tout symptôme intense et de contacter le SAMU en cas de réaction inhabituelle.
Le vaccin IXCHIQ, développé par Valneva, a été autorisé en Europe en 2024 et déployé en urgence à La Réunion et Mayotte face à la flambée épidémique. Il s’agit d’un vaccin vivant atténué, administré en une seule dose aux personnes éligibles. La HAS avait initialement recommandé la vaccination prioritaire des seniors et des personnes à risque de forme grave.






