Stéphane Larue
Actus

Une nouvelle intervention mortelle des agents fédéraux embrase la ville de Minneapolis

Une nouvelle intervention mortelle des agents fédéraux embrase la ville de Minneapolis

Moins d'un mois après un premier drame similaire, la diffusion d'une vidéo montrant l'abattage d'un résident légalement armé par l'ICE provoque une rupture politique totale entre l'État du Minnesota et la Maison Blanche.

La scène, capturée et diffusée massivement sur les réseaux sociaux ce samedi 24 janvier, est d'une violence inouïe.

Une vidéo authentifiée par les services locaux montre plusieurs individus équipés de gilets tactiques "Police" s'acharner sur un homme à terre. Après une série de coups, les agents reculent brusquement.

Puis les détonations résonnent.

L'homme, laissé inanimé sur le bitume de Minneapolis, n'a pas survécu à ses blessures.

Mais ce n'est pas le profil d'un clandestin en fuite qui ressort des premiers éléments de l'enquête. Selon Brian O'Hara, le chef de la police locale, la victime était un citoyen américain de 37 ans, résident de la ville et totalement inconnu des services de justice.

Un détail risque d'enflammer la poudrière : l'homme disposait d'un permis de port d'arme parfaitement légal.

Le gouverneur exige le retrait des enquêteurs fédéraux

Face à ces images, l'union sacrée entre les institutions a volé en éclats.

Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a immédiatement dénoncé une bavure inacceptable, décrivant "six agents masqués frappant et tuant" l'un de ses administrés. Dans une adresse directe au président, il implore l'exécutif de "mettre fin à cette opération" pour restaurer la paix civile.

La colère est identique au sommet de l'État du Minnesota.

Le gouverneur Tim Walz parle de "tirs atroces" et pose un ultimatum inédit : il refuse que l'État fédéral mène les investigations.

"On ne peut pas se fier à l'État fédéral", a martelé l'élu, accusant la police de l'immigration (ICE) de semer délibérément "le chaos et la violence" sur son territoire.

Washington contre-attaque et plaide la légitime défense

La réponse de l'administration Trump ne s'est pas fait attendre, transformant ce fait divers en affrontement idéologique.

Sur sa plateforme TruthSocial, Donald Trump a balayé les critiques, accusant les élus locaux d'inciter à "l'insurrection" par une rhétorique jugée "pompeuse et dangereuse".

Pour justifier l'usage de la force létale, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a adopté une stratégie offensive.

Sur le réseau social X, les autorités fédérales ont publié la photo d'un pistolet semi-automatique, affirmant que la victime avait "violemment résisté". Selon leur version, l'intervention a permis de neutraliser un individu déterminé à "massacrer des forces de l'ordre".

Ce décès marque une escalade dramatique.

Il intervient seulement trois semaines après la mort de Renee Good, une autre Américaine de 37 ans, également abattue par un agent de l'ICE dans la même ville.

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