Face aux tensions diplomatiques croissantes avec Washington, une alternative certifiée à la plateforme d'Elon Musk a été dévoilée à Davos pour tenter de briser l'hégémonie numérique des États-Unis.
La tension diplomatique monte d'un cran entre le Vieux Continent et les États-Unis.
Alors que les récentes menaces de Donald Trump concernant le Groenland exaspèrent le Danemark, une riposte technologique concrète s'organise depuis la Suisse. Anna Zeiter, ancienne responsable de la protection des données chez eBay, a profité du Forum économique de Davos pour officialiser le lancement de W Social.
Ce nouveau venu se positionne comme l'anti-X par excellence.
L'annonce intervient alors que le boycott des produits "Made in USA" gagne du terrain dans les pays nordiques, ciblant spécifiquement les géants de la tech comme Google et Facebook.
Une plateforme certifiée pour contrer la désinformation d'Elon Musk
Ce lancement répond directement à une urgence politique.
Quelques jours avant l'annonce, 54 députés européens avaient adressé une lettre ouverte à Ursula von der Leyen pour dénoncer la transformation de X en outil de propagande personnelle pour Elon Musk. W Social entend briser cette dynamique.
L'ambition est radicale.
Contrairement à son rival californien, la plateforme européenne impose une vérification d'identité stricte pour chaque utilisateur, documents à l'appui. L'objectif est d'éliminer définitivement les bots et les comptes anonymes qui polluent le débat public.
Le nom W fait référence aux "5 W" du journalisme (Who, What, Where, When, Why) et promet un hébergement des données décentralisé, exclusivement sur le sol européen.
Une version bêta est attendue dès février 2026.
Les applications de boycott cartonnent sur les stores nordiques
La fronde numérique ne se limite plus aux simples réseaux sociaux.
Au Danemark, les applications mobiles comme NonUSA et Made O'Meter trustent désormais le haut des classements sur l'App Store. Ces outils permettent aux consommateurs de scanner les codes-barres en temps réel pour vérifier l'origine d'un produit et trouver des alternatives locales.
Le message affiché par Made O'Meter est sans équivoque : acheter américain revient à soutenir des valeurs contraires aux intérêts de l'Europe.
Cependant, le chemin vers une indépendance totale reste semé d'embûches.
Si la Norvège, la Suède et l'Islande observent le mouvement avec intérêt, les gouvernements restent piégés par leur dépendance technique. Le cloud d'Amazon (AWS) et les suites collaboratives de Microsoft constituent encore l'épine dorsale des administrations européennes, rendant un boycott institutionnel quasi impossible à court terme sans investissements colossaux.
