À retenir
- Michèle Barzach est morte lundi 26 octobre 2026 à Paris, à 83 ans, d’un AVC selon sa fille Tatiana Renard-Barzach
- Gynécologue, elle a été ministre déléguée chargée de la Santé et de la Famille du 25 mars 1986 au 10 mai 1988
- Son décret du 13 mai 1987 a autorisé la vente de seringues sans ordonnance aux majeurs, premier pas de la réduction des risques
- Élue députée de Paris en 1988, elle a présidé l’Unicef France de juin 2012 à juin 2015
Au sommaire
Michèle Barzach, médecin gynécologue devenue ministre sous Jacques Chirac, restera associée aux premières mesures publiques françaises contre le sida. Née à Casablanca en 1943, elle est morte à 83 ans, après un parcours qui a mené du cabinet médical parisien à la présidence de l’Unicef France.
Voici les repères de sa carrière, de ses années au gouvernement à ses engagements humanitaires.
Une gynécologue née à Casablanca en 1943
Michèle Barzach naît le 11 juillet 1943 à Casablanca, au Maroc. Elle fait ses études de médecine à Paris et exerce comme gynécologue et psychanalyste dans la capitale.
Avant d’entrer au gouvernement, elle s’engage au RPR, le parti de Jacques Chirac. Ce dernier la nomme ministre déléguée chargée de la Santé et de la Famille le 25 mars 1986, au début de la première cohabitation.
Elle occupe ce poste jusqu’au 10 mai 1988, sous l’autorité du ministre des Affaires sociales, Philippe Séguin. Une interview diffusée sur TF1 le 26 mai 1986, conservée par Vie publique, la montre alors s’exprimer sur la politique familiale et l’adoption.
Le décret du 13 mai 1987 libéralise la vente des seringues
Sa mesure la plus durable concerne les usagers de drogues par injection, très exposés au VIH. Le décret n° 87-328 du 13 mai 1987 suspend, à titre expérimental pendant un an, les conditions de vente fixées en 1972.
Les pharmaciens peuvent alors délivrer seringues et aiguilles sans ordonnance à toute personne de 18 ans ou plus. Selon Santé publique France, cette libéralisation a précédé les programmes d’échange de seringues, puis la vente du kit Stéribox en pharmacie en 1994.
Préservatifs : la publicité autorisée et deux campagnes télévisées en 1987
La même année, le Parlement autorise la publicité pour les préservatifs. Une campagne nationale d’information sur le sida est diffusée à la télévision à partir d’avril 1987.
Une seconde vague, consacrée à l’usage du préservatif, démarre en octobre 1987. Ces initiatives font de Michèle Barzach l’une des premières responsables politiques françaises à faire du sida une priorité de santé publique.
Députée de Paris, eurodéputée de 1989 à 1994
En juin 1988, elle est élue députée de Paris sous l’étiquette RPR et siège à l’Assemblée nationale jusqu’en décembre 1990. Elle est aussi membre du Parlement européen de 1989 à 1994.
Proche du courant des « rénovateurs » apparu en 1989, elle quitte le RPR en 1990 et se retire de la vie politique au milieu des années 1990. En 1996, elle compte parmi les signataires, avec Simone Veil, d’un manifeste en faveur de la parité entre femmes et hommes en politique.
Elle a aussi publié des ouvrages, dont Le Paravent des égoïsmes.
Présidente de l’Unicef France de 2012 à 2015
Michèle Barzach prend la présidence de l’Unicef France le 5 juin 2012, en succédant à Jacques Hintzy, qui dirigeait l’association depuis treize ans. Elle la quitte le 23 juin 2015, remplacée par Jean-Marie Dru.
Elle avait auparavant exercé des fonctions bénévoles auprès de l’OMS et de la Banque mondiale, sur la santé, le sida et les droits des femmes. Elle était officier de la Légion d’honneur depuis 2008.
Sa fille a annoncé sa mort des suites d’un accident vasculaire cérébral, comme nous l’avons détaillé dans notre article sur la mort de la ministre des seringues.










