À retenir
- Le décret n° 2026-971, publié au Journal officiel le 21 octobre 2026, plafonne la publicité de Radio France à 70 millions d’euros par an
- Aucun sous-plafond ne sépare l’antenne et le numérique, alors que l’Arcom en recommandait, selon les radios privées
- Le groupe public a encaissé 66,6 millions d’euros de recettes publicitaires en 2025, d’après l’Alliance de la radio
- Les stations privées demandaient un plafond global de 52 millions et étudient désormais les voies de recours
📑 Au sommaire
Radio France pourra vendre jusqu’à 70 millions d’euros d’espaces publicitaires chaque année. Le décret n° 2026-971, paru mercredi 21 octobre au Journal officiel, modifie le cahier des charges du groupe public et fixe ce plafond unique, sans distinguer la diffusion hertzienne des supports numériques.
L’Alliance de la radio, qui représente les stations privées, dénonce une « distorsion de concurrence inacceptable ».
L’Alliance de la radio accuse le gouvernement d’avoir écarté l’avis de l’Arcom
L’organisation regroupe RTL, RTL2, Fun Radio, NRJ, Nostalgie, Chérie FM, Rire et Chansons, Europe 1, Europe 2, RFM, RMC, BFM Business, Radio Classique et Skyrock. Elle compte aussi le Sirti, qui fédère environ 200 radios locales et régionales indépendantes.
Selon l’Alliance, l’Arcom préconisait des plafonds distincts pour l’antenne et pour le numérique, afin de préserver l’équilibre du marché. Le gouvernement a retenu un montant global, sans cette séparation.
Pour sa présidente, Constance Benqué, l’exécutif avait le choix entre suivre le régulateur et servir les intérêts commerciaux de Radio France. En ignorant l’Arcom, il fragiliserait selon elle l’ensemble des radios privées.
De 42 à 70 millions d’euros : le plafond change d’échelle
Le contrat d’objectifs et de moyens 2020-2022 limitait les recettes commerciales des antennes de Radio France à 42 millions d’euros par an. Les radios privées proposaient de conserver ce niveau pour l’antenne et d’y ajouter 10 millions pour le numérique.
Voici comment se comparent les trois montants en jeu :
| Plafond | Montant annuel | Périmètre |
|---|---|---|
| COM 2020-2022 | 42 M€ | Antennes |
| Proposition des radios privées | 52 M€ | 42 M€ antenne + 10 M€ numérique |
| Décret du 21 octobre 2026 | 70 M€ | Global, sans sous-plafond |
Le décret dépasse donc de 18 millions d’euros la demande des stations privées. Il laisse aussi au groupe public une marge de 3,4 millions d’euros par rapport à ses recettes publicitaires de 2025.
Le numérique, terrain le plus disputé avec Radio France
D’après l’Alliance de la radio, Radio France capte déjà près de 40 % du marché publicitaire numérique de la radio. Elle rappelle que le groupe a reçu 652,1 millions d’euros de financement public en 2025.
Sans sous-plafond, rien n’empêche le groupe public de développer sa part en ligne dans la limite des 70 millions. C’est sur ce point que les stations privées concentrent leurs critiques, dans un marché audio en ligne où les régies se réorganisent, comme le montre l’arrivée de PodK et ses 40 podcasts chez Lagardère Publicité News.
Un second front devant les juges pour les radios privées
L’Alliance de la radio indique étudier l’ensemble des voies de recours contre le décret. Elle cite déjà une procédure engagée devant le Conseil d’État sur la réattribution de fréquences au profit de franceinfo.
Ce texte touche le cahier des charges de Radio France alors que les obligations de l’audiovisuel public évoluent aussi sur d’autres sujets cet automne, notamment avec la charte éditoriale imposée à France Télévisions et Radio France.
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