Vous cherchez un moyen légal de payer moins d’impôts tout en préparant votre retraite ? Le plan d’épargne retraite — le PER — est l’un des rares dispositifs qui permet de déduire directement vos versements de vos revenus imposables. En 2026, les plafonds ont encore évolué. Voici tout ce qu’il faut savoir pour en profiter.
Qu’est-ce que le PER et à qui s’adresse-t-il ?
Créé par la loi PACTE en 2019, le plan d’épargne retraite (PER) a progressivement remplacé les anciens produits comme le PERP, le Madelin ou l’article 83. Il en existe trois formes : le PER individuel (PERIN), ouvert à tous, le PER d’entreprise collectif (PERCOL) et le PER d’entreprise obligatoire (PERO) mis en place par les employeurs.
Le PER individuel est accessible à tout le monde, salarié, fonctionnaire, indépendant ou sans activité professionnelle. Ses fonds sont en principe bloqués jusqu’à la retraite, mais des cas de déblocage anticipé existent : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire.
Combien peut-on déduire de ses impôts avec un PER en 2026 ?
C’est là le principal attrait du PER : chaque euro versé peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. En 2026, ce plafond est fixé à 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente (2025), avec un maximum de 37 680 € pour les salariés. Un plancher de 4 806 € s’applique si vos revenus sont modestes.
Pour les travailleurs indépendants (TNS), le plafond est nettement plus généreux et peut atteindre 88 911 € selon les revenus. C’est l’un des dispositifs de défiscalisation les plus puissants qui existent pour les professions libérales, artisans et commerçants.
Bonne nouvelle pour 2026 : la durée de report du plafond non utilisé est allongée de 3 à 5 ans. Si vous n’avez pas versé au maximum les années précédentes, vous pouvez rattraper le retard sur une fenêtre plus longue. Vous pouvez consulter votre plafond disponible directement sur votre avis d’imposition, dans la rubrique « Plafond épargne retraite ».
Attention : seuls les versements effectués avant le 31 décembre 2025 ont été pris en compte dans le calcul de l’impôt 2026. Pour réduire votre impôt 2027, il faudra verser avant le 31 décembre 2026.
Comment ouvrir un PER et combien ça rapporte ?
Un PER peut être ouvert auprès d’une banque, d’une compagnie d’assurance ou d’un gestionnaire d’actifs. Avant d’en choisir un, comparez les frais (frais de versement, frais de gestion annuels, frais d’arbitrage) et la qualité des supports d’investissement proposés. Certains PER en ligne affichent des frais de gestion inférieurs à 0,5 % par an, contre 1 à 2 % pour les contrats bancaires traditionnels.
Côté rendement, tout dépend du profil d’investissement choisi. Un PER en fonds euros — sécurisé — rapportera entre 2 % et 3 % par an en 2026. Un PER investi en unités de compte (actions, ETF) offre un potentiel de rendement plus élevé sur le long terme, mais avec une prise de risque. Plus votre départ en retraite est lointain, plus il est raisonnable de prendre du risque.
PER ou assurance-vie : lequel choisir en 2026 ?
Les deux produits sont complémentaires, pas opposés. L’assurance-vie reste plus souple : les fonds sont accessibles à tout moment, et elle offre une fiscalité avantageuse en cas de succession. Le PER, lui, est plus performant sur le plan fiscal à l’entrée — la déduction immédiate des versements est un avantage concret dès aujourd’hui.
La stratégie la plus efficace, selon la plupart des conseillers financiers, consiste à combiner les deux : le PER pour défiscaliser pendant les années de revenus élevés, l’assurance-vie pour disposer d’une épargne accessible sans blocage.
Ce qu’il faut retenir avant d’agir
Le PER est particulièrement intéressant si vous êtes dans une tranche d’imposition élevée (30 % ou plus). Plus votre taux marginal d’imposition est élevé, plus la déduction est avantageuse. À l’inverse, si vous êtes peu ou pas imposable, l’attrait fiscal du PER est limité et l’assurance-vie sera peut-être plus adaptée.
Pensez aussi à la fiscalité à la sortie : les sommes retirées à la retraite seront imposables comme des pensions. L’avantage fiscal est donc un décalage dans le temps, pas une exonération totale. Mais si vous prévoyez d’être dans une tranche d’imposition inférieure à la retraite — ce qui est souvent le cas — vous y gagnez clairement.







