Le parquet de Paris a transmis le 17 mars un signalement aux autorités américaines, dont le ministère de la Justice et la SEC, soupçonnant Elon Musk d’avoir orchestré la polémique des deepfakes de Grok pour gonfler la valeur de X et xAI avant leur introduction en Bourse en juin 2026. Réaction de l’intéressé sur X : « Ce sont des attardés mentaux. »
La réponse n’a pas tardé. Ce samedi 21 mars à 21h15, Elon Musk a repris sur X le tweet de l’AFP relatant le signalement de la justice française aux autorités américaines.
Sa réponse, cinglante : « Ce sont des attardés mentaux. » Le message a enregistré plus de 450 000 vues en quelques heures.
Un signalement transatlantique inédit
L’affaire prend une dimension internationale. Un mois avant sa convocation à Paris, le parquet de la capitale a alerté directement Washington sur ses suspicions.
La justice française a transmis le 17 mars une « transmission spontanée d’informations » au ministère américain de la Justice, via le bureau d’entraide pénale international. Elle a également adressé ce signalement aux représentants de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain des marchés financiers.
Les deepfakes de Grok, une manipulation boursière ?
L’hypothèse formulée par le parquet est redoutable. Selon les magistrats, la polémique mondiale déclenchée par Grok — le chatbot d’xAI capable de générer des images sexuelles non consenties — pourrait ne pas être un accident.
« La polémique suscitée par les deepfakes à caractère sexuel générés par Grok pourrait avoir été générée à dessein, afin de valoriser artificiellement les sociétés X et X AI », a expliqué le parquet à l’AFP. L’objectif présumé : préparer la fusion des deux entités et leur introduction en Bourse prévue pour juin 2026, alors que X connaissait une perte de vitesse manifeste.
D’après des informations du Monde, les magistrats s’appuient notamment sur des publications d’Elon Musk lui-même, dans lesquelles il aurait commenté avec enthousiasme les capacités de Grok à générer ce type d’images.
Une enquête ouverte depuis janvier 2025
L’enquête préliminaire du parquet de Paris remonte à janvier 2025, initialement centrée sur des soupçons de biais algorithmiques et d’interventions personnelles de Musk dans la modération de X.
Le 3 février 2026, les bureaux parisiens de X avaient été perquisitionnés avec le soutien d’Europol et de l’unité nationale cyber de la gendarmerie. Musk avait alors qualifié l’opération d' »attaque politique » sur son propre réseau social — un motif récurrent dans ses échanges avec les régulateurs européens.
Les faits visés sont multiples : complicité de diffusion d’images à caractère pédopornographique, génération de deepfakes sexuels, négationnisme et extraction frauduleuse de données. Les plateformes numériques sont plus que jamais dans le viseur des régulateurs européens.
Musk convoqué à Paris le 20 avril
Elon Musk et Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, ont été convoqués en « auditions libres » pour le 20 avril à Paris. Des salariés de la plateforme sont également attendus du 20 au 24 avril en qualité de témoins.
La procureure de Paris Laure Beccuau avait souligné en février que la démarche restait « constructive ». L’Union européenne avait déjà infligé une amende de 120 millions d’euros à X pour des pratiques trompeuses liées aux badges bleus. Le Royaume-Uni a pour sa part ouvert sa propre enquête sur Grok.
Si les autorités américaines donnent suite au signalement français, Musk pourrait faire face à des investigations pour manipulation boursière potentielle — un terrain où la SEC a déjà croisé le fer avec lui par le passé sur ses tweets concernant Tesla.
