Trois ex-participants de l'émission de Netflix, produite par ITV Studios France, dénoncent des conditions de tournage brutales devant la justice ce vendredi.
En France, la téléréalité de Netflix traverse une zone de turbulences judiciaires. Trois anciens candidats de la version française de « Love Is Blind » (« Pour le meilleur et à l'aveugle ») ont saisi le conseil de prud'hommes de Nanterre (Hauts-de-Seine). Ils accusent la production de « traitements inhumains ou dégradants » lors du tournage réalisé à l'automne 2024.
Jonathan D., Benjamin J. et David O. réclament chacun 200.000 euros de dommages et intérêts. Leurs avocats pointent une atteinte grave à la dignité et demandent la requalification de leurs contrats.
Isolement et privation de sommeil en Suède
Les faits dénoncés concernent principalement la phase des « rendez-vous à l'aveugle », tournée en Suède entre le 24 octobre et le 4 novembre 2024. Selon les requêtes consultées, la production aurait imposé un contrôle total sur les participants :
- Confiscation systématique des téléphones portables.
- Interdiction de communiquer entre candidats hors caméra.
- Surveillance permanente par des « chaperons ».
Jonathan D., chef cuisinier de 38 ans, décrit une aventure « hyperinfantilisante ». Il rapporte des rythmes de travail effrénés, incompatibles avec le droit du travail. « On nous réveillait à 5 heures pour un tournage jusqu'à 20 heures au moins », témoigne-t-il. Cette privation de sommeil visait, selon les plaignants, à briser leur résistance psychologique pour obtenir du contenu émotionnel.
Des contrats attaqués en justice
Maître Delphine Meillet, avocate des trois hommes, s'appuie sur l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. Elle dénonce une manipulation orchestrée par ITV Studios France pour « créer du contenu au détriment de la santé » des participants.
Outre les dommages et intérêts, les plaignants exigent l'annulation de la clause de cession de droit à l'image. Une victoire judiciaire pourrait forcer Netflix à retirer les épisodes concernés de la plateforme. Le programme, mis en ligne en septembre 2025, est présenté par le judoka Teddy Riner et sa compagne Luthna Plocus.
Silence de la production dans les Hauts-de-Seine
Sollicités par la presse, ni Netflix ni ITV Studios France n'ont souhaité commenter cette procédure en cours. L'affaire sera examinée lors d'audiences de conciliation prévues les 9 février et 28 mai prochains au tribunal de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine.
Ce dossier relance le débat sur le statut juridique des candidats de téléréalité en France. Les plaignants demandent la requalification de leurs contrats en CDI, assortie d'une indemnité de 74.400 euros pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.
