Une étude de référence publiée en ce début d'année 2026 confirme que 60 % des ménages de l'Hexagone paient désormais pour leurs contenus face à une télévision linéaire qui se réinvente.
C’est la fin officielle du téléspectateur passif en France.
Alors que l'offre de contenus n'a jamais été aussi vaste, la consommation vidéo dans le pays opère une mutation structurelle profonde. Selon les dernières données exclusives de Médiamétrie, le public ne se contente plus de regarder ce qu'on lui diffuse : il choisit, il clique et surtout, il paie.
En 2025, les Français ont consacré une moyenne impressionnante de 4h14 par jour à la consommation de vidéos.
Mais la véritable révolution se joue dans la manière d'accéder à ces images.
Le réflexe du contenu à la carte s’impose dans les salons
La dictature de la grille des programmes s'effrite.
Si la télévision en direct conserve encore la majorité des suffrages (61 % du temps vidéo), la consommation dite "à la carte" gagne du terrain à une vitesse fulgurante. Elle représente aujourd'hui 39 % du temps de visionnage, contre 36 % l'année précédente.
Ce n'est plus une tendance, c'est une norme.
Isabelle Maurice, Directrice Insight chez Médiamétrie, souligne une accélération notable de l'abonnement payant. Désormais, 60 % des foyers français souscrivent à une offre de SVOD (type Netflix) ou de télévision payante.
Une hausse de 8 points par rapport à 2021.
Ce basculement n'est pas réservé aux jeunes urbains.
Les données montrent une explosion de l'usage "à la carte" chez les 35-49 ans (+17 % en deux ans) et, fait marquant, une hausse de 21 % chez les plus de 50 ans. L'appétit pour le choix n'a pas d'âge.
La fiction et le sport restent les moteurs ultimes de l’audience
Qu'est-ce qui pousse les Français à sortir la carte bleue ?
La réponse tient en deux mots : histoires et émotions. La fiction écrase tout sur son passage dans l'univers du streaming. Sur les plateformes de SVOD, 98 % des titres du Top 50 en 2025 étaient des fictions.
Le sport, lui, conserve son rôle unique de fédérateur national.
La finale de la Ligue des Champions entre le PSG et l'Inter Milan a signé la meilleure audience de l'année 2025 avec 11,8 millions de téléspectateurs devant leur poste.
Même constat pour le sport féminin.
L'été dernier, près de 49 millions de Français ont suivi les compétitions féminines majeures (Euro de foot, Tour de France, Coupe du Monde de Rugby).
Les frontières entre les diffuseurs s'effacent d'ailleurs totalement sur ces événements. L'exemple du GP Explorer est frappant : l'événement a généré des audiences quasi identiques sur France.tv et sur la plateforme sociale Twitch.
Une technologie qui suit les nouveaux usages
Pour supporter cette consommation effrénée, l'équipement des ménages s'adapte.
La télévision connectée est devenue le standard. 72 % des foyers en sont équipés, une progression de 3 points en un an. Le smartphone, lui, est quasi universel avec un taux de pénétration de 94 %.
Cette digitalisation des supports transforme l'expérience utilisateur.
Les programmes télévisés sont de plus en plus consommés sur des écrans digitaux au sein même du domicile (+20 % en un an).
Face à cette hybridation totale, Médiamétrie adapte ses outils avec le lancement de "Watch", une mesure d'audience cross-média capable de suivre le spectateur, qu'il soit devant TF1 ou sur une série Netflix.
