À retenir
- Lundi 28 septembre, sur le vol Metz-Rome, Léon XIV a qualifié ses quatre jours en France de « presque des miracles »
- Le pape cite d’abord Lourdes et la veillée de 80 000 jeunes au Stade de France
- Sur les abus, il ne reprend pas le mot « systémique » avancé par les sept victimes reçues la veille
- Aucun voyage en Allemagne n’est daté : seules les JMJ de Corée du Sud sont fixées pour l’an prochain
Au sommaire
- À Lourdes, Léon XIV dit avoir vu la grâce « restaurer la dignité » des malades
- Abus sexuels : le pape ne reprend pas le mot « systémique »
- Fin de vie : Léon XIV assure ne pas avoir fait de politique en France
- L’argent des armes « pourrait résoudre la faim dans le monde »
- Logement, IA : un pape inquiet mais « relativement optimiste »
- Allemagne : pas de date, seules les JMJ de Corée du Sud sont calées
Léon XIV a quitté la France lundi 28 septembre à 19 h 33, depuis l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine. À bord, il a répondu aux questions des quelque 80 journalistes qui le suivaient depuis le 25 septembre, selon la retranscription publiée dans la soirée par Vatican News.
Avant la première question, le pape a pris la parole pour tirer lui-même le bilan de son cinquième voyage apostolique. Il a ensuite été interrogé sur les abus dans l’Église, la laïcité, la guerre, le logement et l’intelligence artificielle.
À Lourdes, Léon XIV dit avoir vu la grâce « restaurer la dignité » des malades
« Les quatre jours ont été littéralement remplis de nombreuses bénédictions. Presque des miracles, je dirais, en particulier le temps passé à Lourdes », a déclaré le pape en anglais.
Il a raconté avoir marché aux côtés de nombreux malades et de personnes souffrantes, au sanctuaire où il avait passé le week-end. Il y a vu la grâce de la présence de Dieu qui « touche les cœurs des gens, transforme leurs vies ».
Puis il a repris une formule prononcée sur place : cette grâce « restaure la dignité aux malades, aux personnes âgées, à ceux qui, dans certaines parties de la société, sont mis au rebut ».
La séquence a été filmée à bord de l’avion.
Le pape a évoqué « de nombreux signes » et « de nombreux symboles » tout au long du séjour, ouvert par les vêpres célébrées devant les prêtres à Notre-Dame. Il s’est dit « très béni » d’avoir pu venir encourager les jeunes, « qui cherchent manifestement quelque chose ».
Il a pris l’exemple de la veillée du Stade de France, avec 80 000 jeunes venus de toute la France. Il a parlé de leur « sentiment d’espoir », qu’ils ont offert, « mais surtout, je pense, qu’ils ont reçu et qu’ils pourront partager avec les autres ».
Abus sexuels : le pape ne reprend pas le mot « systémique »
La question la plus attendue portait sur sa rencontre, dimanche soir à Lourdes, avec sept victimes d’abus. Plusieurs d’entre elles avaient affirmé ensuite devant la presse que le pape avait reconnu le caractère systémique des violences.
Léon XIV nuance, « sans vouloir contredire qui que ce soit ». Il dit préférer une autre formulation, tout en admettant avoir parlé de certaines organisations de l’Église qui se sont comportées, par moments, « en tant que système de manière abusive ».
Pour lui, l’abus est d’abord un problème humain. Commis dans l’Église, il blesse aussi la foi des victimes, parfois jusqu’à la détruire, ce qui donne à l’institution une responsabilité particulière dans leur accompagnement.
Fin de vie : Léon XIV assure ne pas avoir fait de politique en France
Un journaliste français lui a rappelé qu’il avait abordé les soins palliatifs dans plus de la moitié de ses discours, à l’Élysée comme à Lourdes, après l’adoption récente de la loi sur la fin de vie. A-t-il franchi la ligne de la laïcité ?
Sa réponse est non. Défendre la vie, a-t-il expliqué, revient à appliquer l’Évangile à la vie des gens, pas à entrer dans le champ politique. Il renvoie à son texte Magnifica Humanitas, consacré à la doctrine sociale de l’Église.
Il concède une nuance : « si c’est cela la politique, je l’ai fait », mais sans chercher à s’impliquer dans la politique française.
L’argent des armes « pourrait résoudre la faim dans le monde »
Interrogé sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le pape a visé l’industrie de l’armement, qui enrichit selon lui une poignée de personnes. Ces milliards, dit-il, pourraient régler la faim ou le chômage.
L’Église continuera d’inviter les dirigeants russes, ukrainiens et d’autres pays à s’asseoir pour négocier. « Nous ne pouvons contraindre personne, cela peut parfois sembler vain, mais nous continuerons à parler », a-t-il ajouté.
Logement, IA : un pape inquiet mais « relativement optimiste »
Sur la crise du logement en Europe, illustrée par l’expulsion d’une Madrilène de 87 ans en situation de handicap, Léon XIV reconnaît qu’une paroisse ou un diocèse ne pourra rien seul. Il appelle les responsables politiques à s’attaquer aux causes du problème.
Sur l’intelligence artificielle, il refuse de céder à la panique : « Je dors bien la nuit. » Il juge pourtant sérieuses les alertes des experts et rappelle que le Vatican s’est doté d’une commission dédiée.
Allemagne : pas de date, seules les JMJ de Corée du Sud sont calées
Pape depuis une quinzaine de mois, Léon XIV dit avoir reçu une invitation de l’Allemagne, sans calendrier à ce stade. Le seul voyage arrêté pour l’an prochain reste celui des Journées mondiales de la jeunesse en Corée du Sud.
Il a aussi rappelé que l’on disait l’Église mourante en France, « et pourtant nous avons vu ce qui s’est passé ces quatre derniers jours ». Le voyage avait notamment rassemblé les fidèles pour la messe géante célébrée place de la Concorde.
Il a mis en garde contre les courants d’extrême droite qui s’appuient sur une certaine forme de religion : selon lui, ils ne relèvent pas d’une expression authentique du christianisme.
Avant de conclure, il a remercié les évêques français et les nombreux laïcs qui ont préparé le voyage, notamment à Lourdes, où les inscriptions aux célébrations avaient été closes avant son arrivée.























