
Emmanuel Macron a présenté à Mayotte un plan de refondation doté de 3,2 milliards d’euros sur six ans, visant à accélérer la reconstruction et le développement de l’archipel après le cyclone Chido.
La visite d’Emmanuel Macron à Mayotte, quatre mois après le passage du cyclone Chido, marque un tournant pour l’archipel, le département le plus pauvre de France. Le président de la République a dévoilé un plan de refondation de 3,2 milliards d’euros, étalé entre 2025 et 2031, destiné à répondre aux urgences économiques, sociales et sécuritaires de l’île, tout en accélérant sa reconstruction.
L’enveloppe de 3,2 milliards d’euros sera alimentée par des fonds nationaux, des fonds européens et la mobilisation de bailleurs internationaux. Ce financement sera régulièrement réévalué grâce à des clauses de revoyure. L’objectif est d’assurer un suivi constant de la mise en œuvre et de l’efficacité des mesures engagées pour Mayotte.
Le projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte a été entériné lors d’un Conseil des ministres décentralisé, présidé en visioconférence par Emmanuel Macron. Le texte sera soumis au Sénat à partir du 12 mai, puis à l’Assemblée nationale dès le 2 juin. L’exécutif souhaite une adoption définitive avant la fin de la session parlementaire, soit d’ici l’été.
Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte fin 2024, a causé d’importants dégâts matériels et humains. La reconstruction des infrastructures, la remise en état des réseaux d’eau et d’électricité, ainsi que la relance de l’activité agricole figurent parmi les priorités immédiates du plan. Les acteurs locaux, notamment les agriculteurs, attendent encore le versement de certaines aides promises après la catastrophe.
Le plan prévoit des investissements prioritaires dans plusieurs domaines essentiels :
Mayotte bénéficiera d’un statut de zone franche globale, avec des abattements fiscaux à 100 %. Le plan vise également à aligner progressivement les minima sociaux, comme le RSA, sur ceux de la métropole, afin de réduire les inégalités. L’alignement du SMIC sur le niveau national est également prévu.
Le volet sécuritaire du plan est particulièrement renforcé. Il inclut :
Le projet de loi s’accompagne d’une réforme de la gouvernance locale, avec la création d’une collectivité unique « département-région » dotée d’une assemblée territoriale élargie à 52 élus. Cette évolution vise à donner davantage de moyens et d’autonomie aux instances locales pour piloter le développement du territoire.
Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’un engagement de long terme pour Mayotte, en soulignant que ce plan ne règlera pas tous les problèmes en un texte, mais qu’il s’agit d’un effort continu pour transformer durablement l’archipel. Les autorités locales et la population attendent désormais la concrétisation rapide des mesures promises, notamment dans la reconstruction, la sécurité et la lutte contre la précarité.
Pour approfondir le sujet, consultez les détails du plan de refondation pour Mayotte et le point sur la visite présidentielle à Mayotte.






