Le célèbre arrangeur et chef d’orchestre Benoit Kaufman est décédé ce 26 janvier à l’âge de 79 ans des suites d’une longue maladie. Une nouvelle annoncé par le journaliste de l’AFP Jean-François Guyot et confirmée par sa famille.
C’est une figure de l’ombre mais un véritable géant du son qui vient de tirer sa révérence sur les rives du lac Léman.
Installé en Suisse depuis le milieu des années 80, Benoit Kaufman laisse derrière lui une empreinte sonore colossale qui a défini la variété française pendant plus de trois décennies.
Il avait choisi la discrétion des studios helvètes pour ses dernières années.
Malade depuis plusieurs mois, explique, Serge Elhaïk, sur Facebook, l’artiste s’est éteint loin du tumulte parisien qu’il avait tant fréquenté.
Le chef d’orchestre de l’Eurovision et de la « Java »
Si son nom n’était pas toujours connu du grand public, ses créations, elles, sont sur toutes les lèvres.
C’est à lui que l’on doit la puissance cuivrée de La Java de Broadway pour Michel Sardou ou l’énergie rock dévastatrice de Gabrielle, l’un des hymnes absolus de Johnny Hallyday.
Mais son talent dépassait les frontières de l’Hexagone.
Véritable pointure technique, Benoit Kaufman a marqué l’histoire du concours de l’Eurovision.
Chef d’orchestre titulaire durant plusieurs années pour la compétition européenne, il a notamment orchestré la victoire historique de Céline Dion en 1988 avec Ne partez pas sans moi. Une expertise qu’il a ensuite mise au service de la Télévision Suisse Romande dès 1987, dirigeant de nombreuses émissions de variétés.
Des « Champions » aux studios genevois
Le parcours de Benoit Kaufman est celui d’un musicien total.
Débutant sa carrière en 1961 comme guitariste au sein du groupe Les Champions, il s’est rapidement imposé comme un « requin de studio » incontournable, capable de tout jouer et de tout arranger.
Sa polyvalence l’a amené à collaborer étroitement avec Sylvie Vartan, pour qui il a conçu des spectacles grandioses, mais aussi Gilbert Bécaud ou Gérard Lenorman.
En 1996, il avait ancré définitivement sa vie professionnelle en Suisse en inaugurant le studio LAKESIDE.
Ce lieu de création, situé au bord du lac, a vu défiler une pléiade d’artistes locaux et internationaux, venus chercher cette « patte » Kaufman : un mélange de rigueur classique et d’instinct pop.
Le monde de la musique perd l’un de ses artisans les plus prolifiques.
