À retenir
- Interrogé sur une coupure de TikTok, Instagram et Snapchat, Emmanuel Macron répond « non » face à HugoDécrypte, mercredi 28 octobre
- Le président reconnaît ensuite que des discussions ont eu lieu sous l’autorité du Premier ministre, Sébastien Lecornu
- Selon Blast, Matignon avait demandé le 22 octobre aux quatre grands opérateurs de se tenir prêts à suspendre ces réseaux quelques heures
- Après le 17 octobre, Pharos a transmis un peu plus de 200 signalements aux plateformes, selon le chef de l’État
Au sommaire
- Matignon a écrit à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom le 22 octobre
- Macron répond « non », puis évoque des discussions menées par Lecornu
- Pharos a transmis « un peu plus de 200 signalements » aux plateformes
- Le Conseil d’État a fixé trois conditions à un blocage en avril 2025
- Sur les plateaux télé, Macron renvoie à l’Arcom
Emmanuel Macron assure ne pas avoir envisagé de couper les réseaux sociaux en France, tout en admettant que le sujet a été discuté au sommet de l’État. Le président de la République répondait à Hugo Travers, fondateur du média HugoDécrypte, dans un entretien enregistré mercredi 28 octobre et publié le soir même sur la chaîne YouTube HugoDécrypte – Grands formats.
La question portait sur une lettre de Matignon aux opérateurs télécoms, révélée par Blast.
Matignon a écrit à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom le 22 octobre
Selon Blast, ce courrier daté du 22 octobre et signé par Sébastien Lecornu demande aux dirigeants des quatre opérateurs d’anticiper une suspension de TikTok, Instagram et Snapchat. Elle devait pouvoir être déclenchée sur simple instruction, « pour une durée de quelques heures », en cas de nouvelles violences lors du week-end de manifestations du 24 octobre.
Le document invoque les émeutes du 17 octobre, au cours desquelles ces applications auraient servi à organiser des pillages et à signaler la position des forces de l’ordre. La méthode envisagée était un filtrage DNS, qui empêche le téléphone de trouver l’adresse de l’application.
Stéphane Larue NewsUne production de la rédactionRevue de presse médias · chaque jourÉdition du mercredi 28 octobreÀ la une : huit candidats face à la presseLire l’édition →Réunis le 23 octobre avec les services de l’État, les opérateurs ont exprimé des réserves techniques et juridiques, notamment sur le contournement possible par VPN, selon les informations publiées. Aucune coupure n’a été déclenchée le 24 octobre.
Matignon n’a pas démenti l’information, a rappelé Hugo Travers. Les opérateurs ne l’ont pas confirmée.
Macron répond « non », puis évoque des discussions menées par Lecornu
À la question directe « Avez-vous envisagé de couper les réseaux sociaux en France ? », Emmanuel Macron répond : « Non, il y a eu un travail qui a été conduit sous l’autorité du Premier ministre ».
Relancé, le chef de l’État concède qu’« il y a eu des discussions » menées par Lecornu et ajoute que Matignon s’est déjà exprimé sur le sujet. Il écarte en revanche toute idée d’interdire les réseaux sociaux.
Sa ligne tient dans une formule : il n’y a, selon lui, « pas de liberté sans responsabilité » sur les plateformes, quand celles-ci sont détournées « pour des projets funestes ».
Pharos a transmis « un peu plus de 200 signalements » aux plateformes
Plutôt qu’une coupure, Emmanuel Macron décrit un dispositif en trois volets. Le premier repose sur la plateforme Pharos, le service de signalement des contenus illicites en ligne, mobilisée après le 17 octobre.
Plusieurs milliers de contenus lui ont été signalés, et Pharos a adressé « un peu plus de 200 signalements » aux plateformes, qui en ont retiré « une très grande partie », a-t-il affirmé. Le président juge que les réseaux appliquent leurs propres règles « assez moyennement » et rappelle leur obligation de retirer les contenus illicites au titre du règlement européen sur les services numériques, le DSA.
Deuxième volet : une surveillance en temps réel, avec une « bonne coopération » des plateformes le samedi 24 octobre, selon lui.
Le troisième vise les fonctionnalités elles-mêmes. Emmanuel Macron cite une fonction de carte utilisée, d’après lui, par des groupes venus piller pour se donner rendez-vous. Les plateformes devront se montrer « très vigilantes » sur ce type d’usage.
Le Conseil d’État a fixé trois conditions à un blocage en avril 2025
Le précédent existe. En mai 2024, le gouvernement avait suspendu TikTok en Nouvelle-Calédonie pendant les émeutes. Le 1er avril 2025, le Conseil d’État a jugé ce blocage illégal, car il avait été décidé pour une durée indéterminée.
Votre argent, vos droitsVersement retraite novembre 2026 : Agirc-Arrco le lundi 2, Cnav le lundi 9 novembre→La juridiction a toutefois admis qu’une interruption peut être légale dans des circonstances exceptionnelles, à trois conditions : être indispensable face à des événements d’une particulière gravité, ne pas pouvoir être remplacée immédiatement par une mesure technique moins attentatoire aux libertés, et rester limitée dans le temps.
La mention de « quelques heures » dans la lettre de Matignon s’inscrit dans ce cadre.
Sur les plateaux télé, Macron renvoie à l’Arcom
Plus tard dans l’entretien, Hugo Travers l’interroge sur la responsabilité de certains médias après l’attentat de Trappes, qualifié de terroriste et raciste par le parquet national antiterroriste. Le président refuse de désigner une chaîne : « Je ne serais pas dans mon rôle si je pointais du doigt tel ou tel média ».
Il renvoie à l’Arcom, l’autorité indépendante chargée de rappeler les chaînes à leurs obligations, sous le contrôle du juge.
Les autres réponses du président, sur les lycéens blessés, Parcoursup et le carburant, sont détaillées dans notre article sur les réponses de Macron aux lycéens et à Parcoursup. Sur la journée du 17 octobre, il avait déjà reconnu à Marseille un manque d’anticipation, comme le rappelle notre article sur la visite d’Emmanuel Macron à Marseille.
Les propos d’Emmanuel Macron sont tirés de son entretien avec Hugo Travers, publié sur la chaîne YouTube HugoDécrypte – Grands formats. Les informations sur la lettre de Matignon proviennent des révélations de Blast.
Source : la vidéo publiée sur YouTube
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