À retenir
- Depuis le 1er avril 2026, un primo-entrant ouvre un droit à l’ARE avec 5 mois de travail, contre 6 mois en droit commun, selon l’Unédic
- Le seuil est de 108 jours ou 758 heures travaillés, sur les 24 derniers mois (36 pour les 55 ans et plus)
- Est concerné celui qui n’a pas été indemnisé au titre de l’ARE au cours des vingt années précédant son inscription
- La durée minimale d’indemnisation sur cette dérogation est de 152 jours, soit 5 mois
Au sommaire
Un salarié qui n’a jamais touché le chômage au cours des vingt dernières années peut désormais demander l’allocation d’aide au retour à l’emploi après cinq mois de travail seulement. L’Unédic précise que la règle s’applique aux fins de contrat intervenues à partir du 1er avril 2026.
Cette souplesse vise d’abord les jeunes actifs et les personnes qui ont longtemps enchaîné les contrats courts sans jamais s’inscrire. Voici comment savoir si vous en relevez et quoi faire pour que France Travail examine le dossier.
Qui est primo-entrant aux yeux de France Travail ?
Le primo-entrant est un salarié privé d’emploi non admis à l’ARE depuis vingt ans. Autrement dit, aucune allocation chômage ne doit lui avoir été versée dans les vingt années précédant son inscription comme demandeur d’emploi.
Le profil type est celui d’un jeune diplômé qui termine un premier CDD, ou d’un salarié passé directement d’un emploi à un autre. Les autres conditions de l’ARE restent inchangées : être inscrit, chercher un emploi, avoir perdu involontairement son travail.
Stéphane Larue NewsUne production de la rédactionRevue de presse médias · chaque jourÉdition du vendredi 30 octobreÀ la une : l’Arcom met en garde Radio FranceLire l’édition →Le droit commun s’applique pour tout le reste. Les différés d’indemnisation et les règles de cumul entre allocation et salaire ne changent pas, précise l’Unédic.
Combien de jours travaillés faut-il : 108 ou 130 ?
Le droit commun exige 130 jours ou 910 heures de travail, soit six mois. La dérogation descend à 108 jours ou 758 heures, soit cinq mois, d’après la page de l’Unédic consacrée à la mesure.
France Travail examine cette condition dérogatoire quand le seuil de six mois n’est pas atteint. Il n’y a donc pas de case spéciale à cocher à votre place : le dossier est étudié automatiquement.
| Condition | Droit commun | Primo-entrant |
|---|---|---|
| Durée de travail | 6 mois | 5 mois |
| Jours travaillés | 130 jours | 108 jours |
| Heures travaillées | 910 heures | 758 heures |
| Période de référence | 24 ou 36 mois | 24 ou 36 mois |
La période de référence couvre les 24 mois précédant la fin du contrat, ou les 36 mois pour les personnes de 55 ans et plus.
Quelle durée d’indemnisation : 152 jours au minimum ?
La durée minimale d’indemnisation pour les bénéficiaires de la dérogation est de 152 jours, soit cinq mois, selon l’Unédic. Elle est plus courte que le plancher de 182 jours (six mois) du droit commun.
Cette base légale vient de la loi du 24 octobre 2025. Le décret du 28 mars 2026 a ensuite adapté la durée minimale, et l’arrêté du Premier ministre du même jour a agréé le dispositif.
Si vous avez travaillé plus de cinq mois, la durée se calcule selon les règles habituelles. La dérogation ne sert que lorsque le seuil de six mois n’est pas atteint.
Quel montant d’allocation pour un salaire de 1 800 € brut ?
Le calcul ci-dessous est notre estimation, faite à partir du barème indicatif publié par l’Unédic. Pour un salaire brut de 1 800 € par mois, le salaire journalier de référence tourne autour de 59 € (1 800 × 12 ÷ 365).
La formule retient la plus favorable de deux options : 40,4 % du salaire journalier plus 13,18 €, ou 57 % du salaire journalier. Ici, la première donne environ 37 € par jour, la seconde environ 34 €.
L’allocation brute avoisinerait ainsi 37 € par jour, soit près de 1 110 € par mois de 30 jours, avant prélèvements. Le montant réel dépend du détail de vos salaires, et le barème est revalorisé : France Travail fait le calcul définitif.
Ce que vous devez faire
- Vérifiez que vous n’avez perçu aucune allocation chômage ces vingt dernières années.
- Comptez vos jours ou heures travaillés sur les 24 derniers mois, bulletins de paie à l’appui.
- Inscrivez-vous sur francetravail.fr le plus tôt possible après la fin de votre contrat.
- Rassemblez attestation employeur et bulletins de salaire pour chaque contrat.
- Consultez le calendrier de versement pour savoir quand attendre le premier paiement.
Le premier versement arrive après le délai d’attente de sept jours et d’éventuels différés. Les dates de paiement de l’allocation chômage par France Travail permettent de repérer le jour du virement.
Vos questions sur le chômage des primo-entrants
Mon contrat s’est terminé en mars 2026, suis-je concerné ?
Non, la règle vaut pour les fins de contrat intervenues à partir du 1er avril 2026. Avant cette date, le seuil de six mois s’applique.
Un stage ou un apprentissage compte-t-il dans les 5 mois ?
La page de l’Unédic ne détaille pas ce point, qui relève des règles habituelles de prise en compte du travail. Posez la question à France Travail avec vos justificatifs avant de renoncer à vous inscrire.
La rupture conventionnelle change-t-elle quelque chose ?
Elle suit ses propres règles de durée, ramenée à 15 mois au lieu de 18 depuis le 1er septembre pour les moins de 55 ans. La dérogation primo-entrant s’ajoute sans la remplacer.
Les informations de cet article proviennent de l’Unédic (page « Assurance chômage : une condition d’accès assouplie pour les primo-entrants ») et de sa fiche sur l’ARE, mise à jour le 5 octobre 2026. Les montants ne sont donnés qu’à titre indicatif, et seule la notification de France Travail fait foi.
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