À retenir
- Un armurier en ligne a vu ses commandes de matériel d’autodéfense multipliées par six depuis le 18 octobre, selon BFMTV
- Bombes lacrymogènes de 100 ml maximum, matraques et shockers de contact relèvent de la catégorie D, en vente libre pour les majeurs
- Porter ces équipements hors de chez soi sans motif légitime expose à un an de prison et 15 000 € d’amende
- À Saint-Étienne, une armurerie a épuisé son stock de bombes lacrymogènes dès le mardi 20 octobre, selon Le Progrès
Au sommaire
Les commandes de matériel d’autodéfense d’un armurier en ligne ont été multipliées par six depuis le 18 octobre, rapporte BFMTV. La hausse suit le week-end de pillages qui a frappé plusieurs villes de France en marge de la mobilisation du 17 octobre.
Bombes lacrymogènes, matraques et pistolets à impulsion électrique figurent parmi les équipements proposés par ce site. Leur achat est libre pour un adulte, mais les sortir de chez soi est une autre affaire.
Bombes lacrymogènes et matraques s’arrachent depuis le week-end du 17 octobre
Paris, Créteil, Toulouse et Bordeaux ont vu des commerces saccagés et vidés les 17 et 18 octobre. La capitale a compté 108 interpellations pour la seule journée du dimanche.
Dans la foulée, des commerçants se sont tournés vers l’autodéfense. À Saint-Étienne, l’armurerie Guarneri, près de la place Anatole-France, n’avait plus une seule bombe lacrymogène en stock le mardi 20 octobre en milieu de matinée, selon Le Progrès.
Les modèles à grande poignée sont les plus demandés, les matraques beaucoup moins, d’après le même quotidien.
Achat libre dès 18 ans, port interdit sans motif légitime
Le droit français classe ces équipements en catégorie D. Selon service-public.fr, cela concerne les aérosols lacrymogènes ou incapacitants de 100 ml maximum, ainsi que les armes électriques de contact, comme les shockers et les matraques électriques.
Un majeur peut les acheter et les garder chez lui sans formalité. Les mineurs n’y ont pas accès.
Le piège est ailleurs : le port et le transport hors du domicile, y compris dans une voiture, sont interdits sans motif légitime.
Vouloir simplement se protéger d’une agression ne suffit pas, précise l’administration. Les forces de l’ordre, puis le juge en cas de litige, apprécient au cas par cas selon le lieu, l’heure et les circonstances.
Service-public.fr cite un exemple : une femme seule qui rentre tard en transports en commun, sur un trajet isolé ou peu fréquenté, peut voir son motif reconnu.
Un an de prison et 15 000 € d’amende pour un port injustifié
Porter une arme de catégorie D sans motif légitime est un délit puni d’un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. La peine passe à deux ans et 30 000 € lorsque les faits sont commis à plusieurs.
Une amende forfaitaire délictuelle de 500 € peut aussi s’appliquer, ramenée à 400 € en cas de paiement rapide ou portée à 1 000 € en cas de retard, selon service-public.fr, mis à jour le 24 octobre 2025.
Se servir de l’équipement est encore plus encadré. La légitime défense, prévue par l’article 122-5 du code pénal, suppose une riposte immédiate, nécessaire et proportionnée à l’attaque.
Les aérosols de plus de 100 ml et les tasers à distance sous autorisation
Une bombe lacrymogène de plus de 100 ml sort du régime libre : sa détention exige une autorisation délivrée par la préfecture.
Même logique pour les pistolets à impulsion électrique qui projettent des électrodes à distance, du type Taser. Contrairement aux shockers de contact, ils relèvent d’un régime soumis à autorisation, et un site qui les propose sans formalité à un particulier doit éveiller la méfiance.
Avant de commander, il faut donc vérifier la capacité de l’aérosol et le mode de fonctionnement de l’appareil électrique. Ces deux détails décident du régime légal.






























