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Barème kilométrique : +10 % voté à l’Assemblée, mais pas encore acquis

Une hausse d'au moins 10 % du barème kilométrique a été votée pour les revenus 2026. Ce qu'elle changerait sur vos frais réels, et ce qui reste à valider avant d'en profiter.

Journaliste — Publié le
7 min de lecture
Barème kilométrique : +10 % voté à l'Assemblée, ce que vous gagneriez
Photo : Axel Sandoval / Pexels

À retenir

  • L’Assemblée a voté le 15 octobre 2026 un barème kilométrique relevé d’au moins 10 % pour les revenus 2026
  • Les voitures 100 % électriques sont exclues ; le rapporteur général chiffre la mesure entre 250 et 400 millions d’euros
  • Le gouvernement s’y opposait ; le vote d’ensemble de la première partie du budget est reporté au 3 novembre
  • Une 5 CV roulant 8 800 km par an déduirait environ 4 993 € au lieu de 4 537 €, selon notre calcul
Au sommaire
  1. Combien rapporterait la hausse de 10 % à une 5 CV qui roule 8 800 km ?
  2. Le vote du 15 octobre rend-il la hausse définitive ?
  3. Le barème est-il vraiment gelé pour les revenus 2023, 2024 et 2025 ?
  4. Frais réels ou abattement de 10 % : à partir de quand le barème vaut-il le coup ?
  5. Vos questions sur le barème kilométrique

L’Assemblée nationale a adopté le jeudi 15 octobre 2026, par 35 voix contre 8 et 45 abstentions, un amendement qui fixe le barème kilométrique des revenus 2026 à au moins 10 % au-dessus de celui de 2025. Les voitures 100 % électriques en sont exclues.

Le texte, déposé par Gabriel Attal (EPR), vise à compenser la hausse des prix à la pompe pour les salariés qui déduisent leurs frais réels. Ses auteurs rappellent que le carburant pèse environ un tiers du coût kilométrique et que les prix ont progressé d’environ 30 %.

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Le gazole à 2,371 € en moyenne le lundi 19 octobre donne la mesure de la pression sur les automobilistes. La hausse du barème n’est pourtant pas en vigueur : le gouvernement s’y est opposé et la mesure reste soumise à la suite du débat budgétaire.

Combien rapporterait la hausse de 10 % à une 5 CV qui roule 8 800 km ?

Le barème fiscal en vigueur applique, pour une 5 CV entre 5 001 et 20 000 km par an, la formule distance × 0,357 + 1 395 €. Avec 220 jours travaillés et 40 km par jour, soit 8 800 km, on obtient 4 537 € de frais déductibles.

Majoré de 10 %, le calcul devient distance × 0,393 + 1 535 €, soit 4 993 €. Cela représente 457 € de frais déductibles en plus, avec des coefficients arrondis.

Le gain d’impôt dépend de votre tranche marginale : environ 50 € à 11 %, environ 137 € à 30 %. Voici l’écart pour une 5 CV thermique selon la distance annuelle.

Distance annuelleBarème actuelBarème +10 %Écart
5 000 km3 180 €3 500 €+320 €
10 000 km4 965 €5 465 €+500 €
15 000 km6 750 €7 430 €+680 €
20 000 km8 535 €9 395 €+860 €

Calculs de la rédaction à partir du barème officiel et d’une majoration de 10 %, coefficients arrondis.

Le vote du 15 octobre rend-il la hausse définitive ?

Non. L’amendement figure dans la première partie du projet de loi de finances 2027, celle des recettes. Son vote solennel, prévu le 20 octobre, a été reporté au 3 novembre faute d’avoir terminé l’examen des articles.

Le vote sur l’ensemble du budget est fixé au 17 novembre, avant l’envoi du texte au Sénat. La mesure peut encore être modifiée ou supprimée, notamment en commission mixte paritaire ou par le recours au 49.3.

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a demandé le retrait de l’amendement. Il a indiqué qu’il se prononcerait au début de 2027, en fonction du prix des carburants, et qu’un relèvement décidé à ce moment s’appliquerait bien aux revenus 2026.

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Le rapporteur général, Philippe Juvin, chiffre la mesure entre 250 et 400 millions d’euros. Le 17 décembre, le délai constitutionnel de 70 jours s’achève : passé cette date, le gouvernement peut mettre le budget en vigueur par ordonnance.

Le barème est-il vraiment gelé pour les revenus 2023, 2024 et 2025 ?

Oui. Après des revalorisations de 10 % en 2022 et de 5,4 % en 2023, le barème est resté identique pour les revenus 2023, 2024 et 2025.

Pendant ce temps, les carburants ont continué de peser sur le budget des ménages. Le décret qui vise 12 à 18 centimes de moins sur le gazole est paru le 24 octobre, mais il ne touche ni l’essence ni le barème fiscal.

Frais réels ou abattement de 10 % : à partir de quand le barème vaut-il le coup ?

Par défaut, l’administration applique une déduction forfaitaire de 10 % sur les salaires, sans aucune démarche. Opter pour les frais réels fait renoncer à cet abattement : il faut donc que l’ensemble de vos frais le dépasse.

Exemple de la rédaction : pour un salaire net imposable de 30 000 €, l’abattement vaut 3 000 €. Les 4 537 € de trajets de notre 5 CV le dépassent déjà, et 4 993 € creuseraient l’écart.

Les trajets entre domicile et travail sont plafonnés à 40 km par aller, soit un aller-retour par jour. Une distance supérieure n’est retenue que pour des circonstances particulières, justifiées dans une note jointe à la déclaration.

Ce que vous devez faire

  1. Ne recalculez rien tout de suite : la hausse ne vaudrait que pour les revenus déclarés au printemps 2027.
  2. Repérez la puissance fiscale de votre voiture sur la carte grise et comptez vos jours travaillés sur site.
  3. Calculez vos frais avec le barème en vigueur, puis comparez le total à 10 % de votre salaire net imposable.
  4. Gardez factures, relevés et justificatifs de domicile : l’administration peut les demander.
  5. Attendez le 3 novembre, le 17 novembre et le passage au Sénat avant de recalculer avec +10 %.

Vos questions sur le barème kilométrique

La hausse concerne-t-elle la déclaration déjà faite en 2026 ?

Non. Elle ne s’appliquerait qu’aux revenus 2026, déclarés au printemps 2027. Les revenus 2025 restent calculés avec le barème gelé.

Une voiture électrique profite-t-elle de la hausse ?

Non, l’amendement exclut les voitures 100 % électriques. Leur barème intègre déjà, depuis 2021, une majoration de 20 % pour les frais de batterie et de recharge.

Peut-on déduire plus de 40 km par trajet ?

En principe non. Une distance supérieure n’est admise que pour des circonstances autres que de convenance personnelle, comme une mutation, un emploi introuvable plus près ou l’état de santé, à justifier auprès de l’administration.

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