Le cheminot Anasse Kazib a officialisé lundi 2 juin sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, sous les couleurs de Révolution Permanente. À 39 ans, le délégué syndical SUD Rail tente pour la deuxième fois sa chance, après avoir échoué à réunir les parrainages nécessaires en 2022.
Deuxième tentative, premier obstacle identique
En 2022, Anasse Kazib avait récolté seulement 160 signatures d’élus sur les 500 requises pour figurer sur la liste officielle des candidats. Cette fois, son parti assure être déjà sur le terrain depuis un mois et avoir engrangé le soutien de dizaines de maires.
Ancien chroniqueur des Grandes Gueules sur RMC, originaire de Sarcelles (Val-d’Oise), il présente dans son clip de campagne une candidature qu’il qualifie d’« ouvrière, communiste et révolutionnaire ».
Il entend défendre les intérêts de la classe ouvrière face aux grandes fortunes capitalistes, dénonçant son effacement total dans les débats politiques malgré dix ans d’opposition au macronisme.
Une rupture nette avec le NPA et LFI
Révolution Permanente est née fin 2022 d’une scission avec le Nouveau Parti anticapitaliste, qu’elle accusait de chercher à se rapprocher de La France insoumise.
Le parti continue aujourd’hui de critiquer cette ligne, reprochant à LFI de « diluer les travailleurs dans un bloc électoral et une stratégie citoyenne » plutôt que de s’appuyer sur les luttes ouvrières concrètes.
À l’extrême gauche, Nathalie Arthaud a déjà annoncé sa candidature pour Lutte Ouvrière. Mais les deux formations trotskistes sont loin de s’entendre : Révolution Permanente reproche notamment à LO un « alignement régulier sur une tradition laïcarde » et une tendance à reléguer les questions sociétales au second plan.
Un procès en apologie du terrorisme le 25 juin
La candidature s’annonce sous une pression judiciaire directe. Anasse Kazib doit être jugé le 25 juin prochain pour apologie du terrorisme, pour avoir exprimé sur les réseaux sociaux son soutien à la résistance palestinienne le 7 octobre 2023, au lendemain des attaques du Hamas en Israël.
Il dénonce ce qu’il appelle une « criminalisation des militants politiques et syndicalistes », refusant de considérer ces poursuites comme légitimes.
Dans un paysage politique agité, la gauche reste profondément divisée à deux ans du scrutin, sans candidat fédérateur capable de peser dans le premier tour.
